En passant

Das Deutsch Spa

En 2011, quand j’étais encore cadre sup’ et que j’avais encore les moyens, je décide de passer un week-end à Hambourg pour rendre visite à une amie d’enfance expatriée. Au-delà du fait que j’ai passé d’excellents moments à découvrir cette ville étonnante et débordante d’énergie, j’ai également vécu une expérience interculturelle quelque peu… marquante !

Étant toutes les deux des very busy working girls, nous décidons de nous offrir une expérience des plus agréables : une demie-journée au spa. Hop hop hop ! Quelques clics sur les Internets et nous choisissons un spa luxueux à quelques coins de rue et nous réservons die massage zen-thaï-ayurvédico-hawaïen qui fait trop du bien au corps, à l’esprit, à la cervelle, aux doigts de pied, au nombril et à tout le dedans de soi-même.

Ni une ni deux, trop motivée et trop contente, je prépare mon sac : serviettes de bain, tongs, maillot de bain, déo, crème, shampoing, parfum, maquillage, peigne… apriori tout y est. Rien qu’à l’idée de renouer avec ces petits plaisirs je me sens déjà plus légère ! Je sifflote, souriante, et je me dis intérieurement : décidément, qu’est-ce que je suis chanceuse.

C’était sans compter sur le double effet Kiss Cool en mode coucou tout le monde, méga-surprise, quand une fois arrivée dans les vestiaires, je commence à observer avec circonspection que mes consœurs à chromosomes XX entrent, sortent, reviennent puis ressortent des vestiaires… en tenue d’Ève ! Mon cerveau commence alors à fumer sévère à base de théories loufoques. Y aurait-il un sas à l’extérieur des vestiaires où sont distribués des maillots de bain écolos en papier mâché recyclé pour sauver la planète ? Ou encore : doit-on passer à la douche désinfectante anti-nucléaire avant d’enfiler son maillot de bain ?

Face à mon regard de hareng mort, mon amie me lance un regard étonné et compatissant accompagné d’un sourire narquois : woouups : c’est ta première fois ? Là mon cerveau démarre à la vitesse de Lewis Hamilton sur un circuit de F1 m’imaginant déjà dans une chambre obscure attachée au plafond en train de me faire fouetter par un inconnu (oui je sais, j’ai une imagination légèrement extrémiste et débordante). Je déblatère, non sans difficulté, un vague : ma… première… fois… hein… euh… wait… what… ? Et là le verdict tombe sans appel : ici tout le monde est nu au spa.

Léger moment de panique…

Sehr schöööööööön… Je viens donc de payer 200 € pour passer mon précieux (et rare) jour de repos au club des naturistes germanophones enthousiastes. J’ai cru que je vivais mon pire cauchemar. Rapide comme un lynx, je me ressaisis : ok cocotte tu as le choix, opter pour la lâcheté et fuir en courant jusqu’au Danemark toute habillée, ou bien oser cette expérience nouvelle que la vie te propose si « généreusement » mais nue comme un ver*Petite musique d’ascenseur* Vous me connaissez suffisamment pour imaginer que je ne pouvais pas résister à l’appel de l’expérience, de la nouveauté, de l’aventure, le tout sur un lieu anthropologique où j’allais pouvoir observer des autochtones dans leur habitat au naturel. Littéralement.

Fallait juste se mettre à poil. Une paille. Non mais sans blague, c’est quand même insolite comme situation quand on n’est pas habituée et qu’on ne l’a pas cherchée ! Et là, je me suis demandée ce qui allait être le plus gênant : savoir que des inconnus allaient me voir aller de bassins en bassins sans-aucun-bout-de-tissu-sur-mon-corps (je ne sais pas pour vous, mais moi d’habitude, je réserve cet état d’être essentiel à mon partenaire ou à mon miroir), ou bien la peur de ne pas résister à scruter les autres (hommes et femmes confondus) à cause de ce satané mélange de curiosité et de voyeurisme qui se cache (parfois bien tapis, certes) en chacun de nous.

Je te vois hocher de la tête et faire la moue : tout le monde, sauf moi. Mais si, si, je t’assure. Tu sais, c’est cela même qui te fait ralentir en voiture quand tu passes à côté d’un accident de la route, alors que tu sais pertinemment qu’apercevoir un bras coupé ou une chaussure ensanglantée va te traumatiser à vie. J’en étais au même point : j’avais instinctivement envie d’aller voir, quitte à être traumatisée à vie par la vue trop nombreuse de tant de corps, de peaux acnéiques, de seins plus gros que les miens, de sexes poilus et autres fesses molles. En fait, j’avais surtout peur de rougir et donc d’être prise en flagrant délit de lubricité. Oops.

Prenant mon courage à 12 mains, j’abandonne mon maillot de bain au vestiaire – la larme à l’œil – et j’enfile mes tongs, dernier vestige d’un accessoire couvrant… ma voute plantaire, en l’occurrence. Wunderbar… Je sors les yeux baissés et en suivant les tongs de mon amie jusqu’à la salle de massage. Ouf, me voilà enfin enfermée et seule. Cette pause salvatrice et bénéfique me permet de rassembler tout mon courage et de tenter vainement de relativiser : après tout, tout le monde est nu, donc tout va bien, tout va bien, tout va bien… Méthode Coué quand tu nous tiens…

Une fois le massage terminé, l’heure fatidique était venue de traverser le spa dans toute sa longueur pour accéder aux bassins et aux saunas. Le couloir de 80 mètres de long en verre transparent passant au-dessus de la piscine ainsi que l’escalier central de 80 marches n’ont évidemment pas aidé à ma détente. Mais bon, j’ai fini par atterrir (traduire : marcher très vite et m’enfouir rapidement) dans un bain bouillonnant, mes tongs et ma serviette posées au loin… si loin… *soupir*

Parfaitement à l’aise une fois les parties intimes de mon corps bien au chaud mais surtout bien cachées par les bulles, mon observation commence. Je suis frappée par la non-gêne ambiante, dans le bon comme dans le mauvais sens. D’un coté, c’est super agréable de voir le corps démystifié et désacralisé. Je me dis que culturellement, on a toutes et tous un rapport au corps différent, et qu’en fonction de ce rapport, on doit vivre plus ou moins facilement certaines expériences de vie. D’un autre côté (et j’assiste aux même scènes dans les vestiaires du YMCA d’ailleurs…), c’est moyennement agréable de voir étalé devant soi l’entièreté majestueuse d’inconnus personnages. Si j’avais voulu tout savoir sur l’anatomie humaine, j’aurais fait médecine. J’ai encore (malheureusement) en tête l’image de ce monsieur assis sur le rebord du bain bouillonnant, très à l’aise les jambes écartées face à mes yeux écarquillés, cherchant désespérément une issue de secours ou un flingue.

Dans cet étalage naturel d’attributs corporels, j’aperçois en vrac : des tatouages petits et grands (mince, moi qui ai fait le mien de manière à ce qu’il ne se voit pas, même en maillot de bain… c’est loupé !), des piercings plus ou moins surprenants, des peaux vieilles ou jeunes, des muscles saillants ou invisibles, des grands et des petits, des minces et des gros, des cheveux blonds, bruns, roux, blancs. Au moins, c’est un beau rappel à la diversité humaine et à l’acceptation des différences. À ce point-là, je réalise qu’ici le rapport au corps a l’air inexistant ou non problématique, donc forcément : ça fait du bien. Mais là, les gens ne se regardent pas, ils ne font d’ailleurs même pas attention les uns aux autres. C’est presque froid en fait. Et soudain je réalise que je dois être la seule latine folle obsédée à avoir des pensée orientées et déformées et qui se demande intérieurement si cela modifie les rencontres dans les bars, la séduction, le rapport à l’autre, le rapport au sexe, le contenu des préliminaires, l’effeuillage… Oops, I did it again ! comme dirait ma pote It’s Britney Bitch.

Quoi qu’il en soit, bon an, mal an, j’ai survécu à cette journée, et j’ai moi aussi déambulé dans mon plus simple appareil, allant de la piscine aux chaises longues extérieures, en passant par les saunas. Et c’est vrai que la liberté ressentie à errer nue a été sans commune mesure, d’autant plus qu’il s’agit d’un espace privilégié et sécurisé pour pouvoir se sentir à l’aise et comme tout le monde. Mais j’ai quand même réalisé à ce moment-là à quel point je préfère l’érotisme d’un corps qui se montre à peine et se dévoile petit à petit, Vs. une version plus crue en mode : « coucou, t’as vu ma bit(t)e (schön) » ! Et oui : on ne se refait pas… Quoique… Tout cela me fait penser que j’ai une autre expérience toute aussi inédite et incongrue à vous raconter : la découverte du magique 281 à Montréal, ze cabaret érotique au masculin, pour les femmes, les vraies. Mais pour le moment, je garde ça au chaud pour plus tard…

Pour en revenir à l’Allemagne, autant vous dire que la soirée qui a suivi sur la Reeperbahn a été bien arrosée (bah quoi, il faut bien justifier de son alcoolisme) et que mon frühstück gargantuesque du lendemain matin était bien mérité. Trèfle de balivernes : au-delà de la méga surprise, c’était une aventure sommes toutes rafraichissante, définitivement revigorante, voire même à refaire, mais en suivant ce précieux conseil d’Orangina : « bon c’est bien les enfants, mais on la refait là, moins crispés » !

Et vous : déjà vécu une expérience de ce genre, à la fois surprenante et drôle ?!

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En passant

30 choses à arrêter de s’infliger

Traduction libre de « 30 things to stop doing to yourself »
par Marc & Angel Chernoff (11 décembre 2012)

Comme le disait Maria Robinson : « Personne ne peut revenir en arrière et prendre un nouveau départ, par contre n’importe qui peut commencer dès aujourd’hui et se fabriquer une nouvelle fin. » Rien ne pourrait être plus proche de la vérité. Mais avant de commencer ce processus de transformation, il est bon d’arrêter de faire certaines choses qui ont pu vous empêcher d’avancer. Voici quelques idées pour vous aider à démarrer :

  1. Arrêtez de passer du temps avec les mauvaises personnes. – La vie est trop courte pour passer du temps avec des gens qui vampirisent votre bonheur. Si quelqu’un vous veut dans sa vie, il saura vous faire de la place. Vous ne devriez pas avoir à vous battre pour cela. N’insistez jamais auprès d’une personne qui vous dévalorise en permanence. Et rappelez-vous que vos vrais amis ne sont pas ceux qui se tiennent à vos côtés quand vous êtes au mieux, mais bien ceux qui vous soutiennent quand vous êtes au plus mal.
  2. Arrêtez de fuir vos problèmes. – Affrontez-les… Non : ce ne sera pas facile. Personne n’est capable de gérer sans faille tous les coups qui lui sont portés. Nous ne sommes pas censés être en mesure de résoudre instantanément tous les problèmes. Nous ne sommes pas faits de cette façon. En réalité, nous sommes faits pour être contrarié, triste, blessé, trébucher et tomber. Parce que c’est là qu’est le but de la vie – faire face aux problèmes, apprendre, s’adapter et les résoudre au fil du temps. En fin de compte, c’est ce qui nous façonne en la personne que nous devenons.
  3. Arrêtez de vous mentir à vous-même. – Vous pouvez mentir au reste de la planète, mais pas à vous-même. Nos vies ne s’améliorent que quand nous prenons des risques, or le premier et le plus grand risque que nous pouvons prendre est d’être honnête envers nous-même. Lisez « Le chemin le moins fréquenté » de Morgan Scott Peck.
  4. Arrêtez de mettre vos propres besoins en veilleuse. – « Le plus douloureux qui soit est de se perdre soi-même en aimant quelqu’un si fort qu’on en oublie qu’on est tout aussi spécial » (Men Without Women, Ernest Hemingway). Aidez les autres, oui, mais prenez soin de vous également. S’il existait un moment parfait pour poursuivre une passion et faire quelque chose qui compte vraiment, alors ce moment est venu, c’est maintenant.
  5. Arrêtez d’essayer d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. – Un des plus grands défis dans la vie est d’être vous-même dans un monde qui essaie de vous rendre comme tout le monde. Il y aura toujours quelqu’un de plus joli, quelqu’un de plus plus intelligent ou quelqu’un de plus jeune, mais ils ne seront jamais vous. Ne changez pas pour que les gens vous aiment. Soyez vous-même et les bonnes personnes aimeront votre vrai vous.
  6. Arrêtez d’essayer de vous accrocher au passé. – Vous ne pouvez pas commencer le prochain chapitre de votre vie si vous continuez à lire et relire le dernier.
  7. Arrêtez d’avoir peur de faire une erreur. – Faire quelque chose et se tromper est au moins dix fois plus productif que de ne rien faire. Chaque succès est issu d’un chemin bordé d’échecs, et chaque échec mène vers le succès. On finit par regretter les choses que l’on n’a pas faites beaucoup plus que les choses que l’on a faites.
  8. Arrêtez de vous réprimander pour les erreurs du passé. – On peut aimer la mauvaise personne ou pleurer mal à propos, mais peu importe à quel point les choses tournent mal, une chose est certaine : les erreurs nous aident à trouver la personne et les choses qui sont faites pour nous. On fait des erreurs, on lutte, parfois même on regrette des choses de notre passé. Mais vous n’êtes pas vos erreurs, vous n’êtes pas vos luttes, et vous êtes ICI ET MAINTENANT avec le pouvoir de façonner votre journée et votre avenir. Toutes les choses sans exception qui vous arrivent dans votre vie vous préparent pour un moment qui est encore à venir.
  9. Arrêtez d’essayer d’acheter le bonheur. – Beaucoup des biens que nous désirons sont chers. Mais en vérité, les choses qui nous offrent une réelle satisfaction sont totalement gratuites – l’amour, le rire, approfondir nos passions.
  10. Arrêtez de compter sur les autres pour être heureux. – Si vous n’êtes pas heureux avec qui vous êtes à l’intérieur, vous ne serez pas heureux non plus dans une relation à long terme avec qui que se soit d’autre. Vous devez créer de la stabilité dans votre propre vie avant de pouvoir la partager avec quelqu’un d’autre. Lisez « Et si le bonheur vous tombait dessus » de Daniel Todd Gilbert.
  11. Arrêtez d’être à l’arrêt. – Ne pensez pas trop ou vous risquez de créer un problème qui n’était même pas là à la base. Évaluez les situations et passez à l’action de manière décisive. Vous ne pouvez pas changer ce que vous refusez d’affronter. Faire des progrès comporte des risques. Point à la ligne ! C’est comme au baseball : vous ne pouvez pas vous rendre à la seconde base si vous avez encore le pied sur la première.
  12. Arrêtez de penser que vous n’êtes pas prêt. – Personne ne se sent jamais prêt à 100% quand l’occasion se présente. Dans la vie, la plupart des grandes opportunités nous poussent à aller au-delà de notre zone de confort, c’est pour cela que nous ne pouvons pas nous sentir totalement à l’aise au début.
  13. Arrêtez de vous engager dans des relations pour les mauvaises raisons. – Les relations doivent être choisies judicieusement. « Il vaut mieux être seul que mal accompagné« . Il n’y a pas besoin de se précipiter. Si quelque chose doit se produire, cela arrivera – au bon moment, avec la bonne personne, et pour la meilleure des raisons. Tombez amoureux quand vous êtes prêt, et non pas quand vous êtes seul.
  14. Arrêtez de rejeter de nouvelles relations simplement parce que les anciennes n’ont pas fonctionné. – Vous vous rendrez compte que dans la vie il y a une raison derrière chacune de vos rencontres. Certaines personnes vont vous tester, certaines vont vous utiliser et d’autres encore vous enseignerons. Mais surtout, certaines vont vous permettre de donner le meilleur de vous-même.
  15. Arrêtez d’essayer de rivaliser avec tout le monde. – Ne vous inquiétez pas de ce que les autres font mieux que vous. Concentrez-vous sur le fait de battre vos propres records chaque jour. Le succès est une bataille entre VOUS et VOUS-MÊME uniquement.
  16. Arrêtez d’être jaloux des autres. – La jalousie est l’art de compter les bénédictions d’un autre au lieu de compter les siennes. Demandez-vous plutôt ce que vous avez que tout le monde veut.
  17. Arrêtez de vous plaindre et de vous apitoyer sur vous. – Les surprises de la vie sont envoyées pour une raison – pour déplacer votre chemin vers une direction qui est faite pour vous. Vous ne voyez ou ne comprenez peut-être pas tout sur le moment, et cela peut être difficile.Mais si vous réfléchissez aux évènements inattendus que vous avez vécus par le passé, vous verrez souvent qu’au final ils vont ont amenés vers un meilleur endroit, une meilleur personne, un meilleur état d’esprit ou une meilleur situation. Alors souriez ! Montrez à tout le monde que vous êtes beaucoup plus fort aujourd’hui que vous n’étiez hier et vous le serez.
  18. Arrêtez d’en vouloir aux autres, oubliez la rancune. – Ne vivez pas votre vie avec de la haine dans votre cœur. Vous finirez par vous blesser vous-même plus que les gens que vous détestez. Le pardon ce n’est pas dire : « ce que tu m’as fait n’est pas grave« , c’est dire : « je ne vais pas laisser ce que tu m’as fait gâcher mon bonheur pour toujours« . Le pardon est la réponse… Lâchez prise, trouvez la paix, libérez-vous ! Et rappelez-vous que le pardon n’est pas uniquement orienté vers les autres, il vous est également destiné. S’il le faut, pardonnez-vous, allez de l’avant et essayez de faire mieux la prochaine fois.
  19. Arrêtez de laisser les autres vous abaisser à leur niveau. – Refusez de réduire vos exigences et vos normes de conduite pour vous adapter à ceux qui refusent d’élever les leurs.
  20. Arrêtez de perdre du temps à vous justifier auprès des autres. – Vos amis n’en ont pas besoin et vos ennemis ne vous croiront pas de toute façon. Faites ce qui est juste en fonction de ce que sait et de ce que vous dicte votre cœur.
  21. Arrêtez répéter les mêmes choses sans jamais prendre de pause. – Le moment parfait pour prendre une profonde respiration, c’est justement quand vous n’avez pas le temps de le faire. Si vous continuez à faire ce que vous faites, vous continuerez d’obtenir ce que vous obtenez. Parfois on a besoin de prendre du recul pour voir les choses clairement.
  22. Arrêtez avec négliger la beauté des petits instants. – Profitez des petites choses du quotidien, parce qu’un jour vous pourriez regarder en arrière et découvrir qu’en réalité c’était les grandes. La meilleure partie de votre vie sera faite des petits instants presque invisible que vous passez à sourire en compagnie d’une personne qui compte pour vous.
  23. Arrêtez d’essayer de faire les choses parfaitement. – Le monde réel ne récompense pas les perfectionnistes, il récompense les gens qui passent à l’action et font avancer les choses. Lisez « S’organiser pour réussir : Getting Things Done » de David Allen.
  24. Arrêtez de suivre le chemin le plus confortable. – La vie n’est pas facile, surtout lorsque vous cherchez à réaliser quelque chose qui en vaut la peine. Ne choisissez pas la solution de facilité. Faites quelque chose d’extraordinaire.
  25. Arrêtez de faire comme si tout allait bien si ce n’est pas le cas. – C’est normal de craquer de temps à autre. Vous n’êtes pas obligés de prétendre tout le temps être fort, et il n’est pas nécessaire de prouver sans cesse que tout va bien. Vous ne devriez pas non plus être préoccupés par ce que les autres pensent – pleurez si vous en avez besoin – il est sain de verser une larme. Et plus vite vous le faites, plus vite vous serez en mesure de retrouver le sourire.
  26. Arrêtez de blâmer les autres pour vos problèmes. – La mesure avec laquelle vous pouvez réaliser vos rêves dépend à quel point vous acceptez la responsabilité de votre vie. Lorsque vous blâmer les autres pour ce que vous êtes en train de vivre, vous niez votre propre responsabilité – vous donnez aux autres le pouvoir sur cette partie de votre vie.
  27. Arrêtez d’essayer d’être tout pour tout le monde. – C’est tout simplement impossible, et vous vous y épuiserez rien qu’à essayer. Mais faire sourire une personne PEUT changer le monde. Peut-être pas le monde entier, mais leur monde à eux si. Donc réduisez votre cible.
  28. Arrêtez de vous inquiéter autant. – L’inquiétude ne fera pas disparaître les fardeaux de demain, mais elle vous privera de la joie d’aujourd’hui. Un moyen de vérifier que quelque chose mérite de ruminer ou pas est de vous poser la question : « Est-ce que cela aura de l’importance dans 1 an ? Dans 3 ans ? Dans 5 ans ? ». Si la réponse est non, alors c’est que ce n’est pas la peine de s’inquiéter.
  29. Arrêtez de vous concentrer sur ce que vous ne voulez pas qui arrive. – Concentrez-vous plutôt sur ce que vous voulez qui arrive. La pensée positive est au premier plan de tous les grands succès. Si vous vous réveillez tous les matins avec l’idée que quelque chose de merveilleux va arriver dans votre vie aujourd’hui, et que vous y prêtez attention, vous réaliserez que vous avez souvent raison.
  30. Arrêtez l’ingratitude. – Qu’elle soit bonne ou mauvaise, réveillez-vous chaque jour en étant reconnaissant pour votre vie. Quelqu’un, ailleurs, est en train de se battre désespérement pour la sienne. Au lieu de penser à ce qui vous manque, essayez de penser à ce que vous avez déjà et que très peu d’autres personnes ont.

C’est en arrêtant de poursuivre ce qui ne nous convient pas que nous donnons une chance à ce qui est juste et positif de nous rattraper.

En passant

Point Bullshit

http://www.boardgameguru.co.uk/the-fall-of-france-11504-p.asp

Jeux de société « The Fall of France »

Depuis ce matin je bouillonne. L’objet de ma colère ? Un article intitulé « The Fall of France » écrit par Janine di Giovanni paru dans Newsweek le 3 janvier 2014 qui prétend offrir un portrait de la France dans son déclin actuel.

PORTRAIT. Actuellement rédactrice en chef « Moyen-Orient » pour Newsweek, Mme di Giovanni est une journaliste de guerre née aux États-Unis. D’après Wikipedia (consulté le 05/01/2014 à 16h30), c’est « l’une des journalistes les plus respectées et les plus expérimentées d’Europe, avec une vaste expérience de couverture de la guerre et du conflit. Son journalisme a été qualifié de « brillant, posé, accompli » et elle est citée comme le meilleur correspondant étranger de notre génération ». Elle a quitté le quartier de Notting Hill à Londres il y a 10 ans pour s’installer à côté du jardin du Luxembourg à Paris après s’être mariée avec un français.

AFFLIGEANT. Dans sa forme, dans son manque d’explications des faits, dans les raccourcis utilisés et surtout dans le point de vue offert : monoculaire et loin d’un journalisme informé et factuel. Je ne remets pas en question la qualité et le professionnalisme de Mme di Giovanni en tant que journaliste de guerre, cependant, je ne suis pas certaine que son analyse soit des plus raffinées concernant le déclin actuel de la France. Je ne peux m’empêcher de penser qu’elle devrait rester dans son domaine de compétences ou faire un vrai travail de journalisme avant d’écrire sur autre chose que la guerre ou les conflits. Par contre, son intervention pourrait être pertinente si un jour on voit Paris sous les bombes, mais on serait tout de même encore loin à mon avis de l’exil des Huguenots suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 (enfin je crois, après tout je ne suis pas historienne).

PARENTHÈSE. Je suis consciente que cela ouvre un débat complexe sur la légitimité de la prise de parole en public, débat tendancieux, voire même dangereux. N’ayant aucune autorité en la matière, je parle en tant que citoyenne française froissée par cette pseudo analyse socio-économico-culturelle de mon pays. Certes, en tant qu’expatriée en France, Mme di Giovanni pourrait offrir un point de vue objectif, voire même novateur. Mais non. Impossible quand on n’observe une réalité qu’au travers de sa lorgnette, depuis le balcon de son appartement du 6ème arrondissement et ce après quelques discussions sociales avec des amis n’appartenant qu’à une seule et unique couche socio-économique. En l’occurrence ici cette couche est dite « élevée » mais pour moi cela poserait le même problème d’unicité des points de vue s’il en avait été autrement.

MÉDIOCRE. Médiocre car écrit par une correspondante de guerre, apriori excellente journaliste, et qui pourtant, nous offre une vision de la France mal informée, mal documentée et mal recherchée. Par exemple, Mme di Giovanni, j’aurais a-do-ré que vous expliquiez en quoi et comment les mondes politiques français et américain ne peuvent pas être comparés à coup de gauche = democrat = liberal Vs. droite = republican = conservative. You, of all people ! How could you make such a shortcut, denying national and international political sciences their own history ! Sur le même principe, ne savez-vous donc pas que le terme « socialism » tel qu’utilisé par la majorité des américains en anglais n’est pas non plus comparable au mot « socialisme » tel qu’utilisé en français par les français ? Et oui, c’est tout le problème de l’interculturalité… Quelle chose complexe ! Il y a la nationalité, la langue, la culture, l’histoire, la compréhension interculturelle, la culture professionnelle, économique, sociale, les identités culturelles, etc. Certes, le cerveau humain, pour traiter les milliers d’informations perçues dans l’environnement, a besoin de créer des catégories pour les ranger et les réutiliser, c’est même au travers de ce processus qui se créent les stéréotypes (je me permets d’utiliser des raccourcis moi aussi). Mais ces stéréotypes ne deviennent dangereux ou mal intentionnés qu’à partir du moment où ils sont véhiculés et vécus comme des préjugés, or, cet article véhicule des idées et des faits sans explication, sans complexité, sans profondeur ; « faits » qui vont être lus, ingurgités et pris comme réels par les lecteurs à qui l’on n’a pas offert un portrait plus réaliste, plus complexe, plus détaillé de la réalité française actuelle. Mais bon, entre nous, ces détails comptent peu, n’est-ce pas ? Restons globaux, c’est plus facile, plus lisible. D’ailleurs, « La chute de la France » est un beau titre, accrocheur, vendeur, racoleur, la totale : bravo.

MENSONGER. Si seulement l’auteure avait écrit cet article comme un article d’opinion, alors oui : donnez votre point de vue, il est vôtre, c’est comme les sentiments, les goûts et les couleurs, ça se discute difficilement, ou juste pour le plaisir de la joute oratoire. Mais, là, il s’agit d’un texte érigé en article informatif de la situation actuelle de la France. Se permettre d’écrire sur un média public aussi lu en s’érigeant « autorité expatriée locale »… Je trouve cela du plus mauvais goût. J’apprends donc, entre autres, que 1/2 litre de lait vaut 4$ US à Paris : soit le taux de change est erroné, soit nous ne vivons pas dans le même monde (OH WAIT !); que la majorité des français payent plus de 70% d’impôts (LOL !) ; que les meilleurs talents sont partis de France et qu’il ne reste que la médiocrité (MERCI !) ; ou encore même que les français n’aiment pas parler anglais (I’m amazed I was even able to understand your article, madam)… Encore une fois, quel dommage d’avoir été aussi rapide en conclusions et aussi avare en explications, parce que ce que vous dites est en partie réel et juste, mais présenté d’une manière si fallacieuse et si mensongère qu’elle est, pour moi, inacceptable de la part d’une personnalité publique comme vous, à l’intelligence, la finesse, l’analyse et l’écriture si développées. Donc par exemple, moi (en tant que française vivant en France), je sais que vous faites référence à l’imposition à 75% des revenus supérieurs à un million d’euros. Mais pour mon ami Jorge qui habite au Mexique ou mon ancien collègue John qui habite en Australie, qu’en est-il ? Et bien, je vous félicite : ils viennent de retenir que la France taxe ses habitants entre 70 et 75% ! (BISOUS !). Donc, entre les minables qui gagnent moins de 5000€ et les médiocres qui sont encore en France (question philosophique bonus : sont-ils restés par stupidité, par pauvreté, par manque de talent ?), en effet ces français : quelle bande de pauvres cons ! Heureusement : il nous reste le métro pour vivre des moments de grâce et des SDF avec qui taper la causette en polonais…

DANGEREUX. Dangereux, car cela ne peut que renforcer un peu plus la blaguounette facile et très stéréotypée des français visant à montrer la débilité latente des américains, que je ne cautionne pas : des cons, des débiles, des chiants, des grands, des gros, des méchants, des gentils, des bienpensants, il y en a dans tous les pays. Malvenu également : qu’en est-il de la responsabilité publique de celui qui écrit sur un média d’envergure internationale accessible au plus grand nombre, car passé au tout numérique depuis décembre 2012 ? Quel dommage de diffuser une telle image de la France, erronée et n’offrant qu’un seul point de vue biaisé par sa propre souffrance, réelle, certes. Dès lors, que penser de la qualité et de la véracité des autres articles publiés par Newsweek sur d’autres pays… ? Je vous laisse y réfléchir.

TRISTE. Oui, je suis attristée par cet article pour une raison complexe et insoupçonnée. On peut se plaindre du French Bashing (dénigrement de la France) autant qu’on veut, nous en sommes la principale source ! Cet article montre que nous-mêmes, français, ne sommes pas capables de faire autre chose que de nous plaindre de ce qui est, sans pour autant essayer d’y changer quoi que se soit. Et cela vaut aussi bien pour les soirées de l’ambassadeur qu’au bistrot du coin ou encore à la réunion de professeurs des écoles du mardi soir. Pour rester dans les stéréotypes grossiers et malvenus : que cela soit Charles-André ou Xavière (avec du champagne), Roger ou Monique (avec de la bière) ou encore Jean-Paul ou Nathalie (avec du vin rouge) , le discours est le même dans le fond : la situation est catastrophique, on court à notre perte, on nous abuse, on nous vole, on nous prend tout… Et chacun mettra le mot qu’il préfère derrière ce « on » : les riches, les dirigeants politiques, les étrangers, les pauvres, etc. Tout le monde y prend pour son grade, et son voisin est toujours mieux loti que soi, évidemment. Ce manque de discernement généralisé et cette vision étroite et nombriliste, c’est peut-être cela que cet article incarne le mieux finalement. Quelle tristesse.

ET MOI, ET MOI, ET MOI ! Je me permets donc, en bonus, d’offrir MON point de vue sur la France, à partir de MA lorgnette d’ex-expatriée française revenue au pays pour tenter d’entreprendre et de créer en dépit des difficultés, réelles et profondes que connait la France.

OUI, la France est un pays en déclin économique, politique, social et culturel… Il serait temps d’accepter cette réalité, au lieu de continuer à surfer les yeux fermés sur la vague obsolète de notre grandeur et de notre rayonnement. Il est toujours plus facile de dépasser les obstacles quand on accepte d’abord leur existence.

OUI, la France est dans une phase de morosité et de doute concernant l’avenir… C’est ce qui provoque, entre autres, de nombreux élans individuels de retour vers ce qui est connu, confortable, reconnaissable (une famille, un métier, une religion, une cause) ; la prise de risque est dévalorisée et conspuée, le changement n’en parlons pas !

OUI, la France n’a pas encore trouvé une culture économique qui lui soit propre et qui lui offre modèle propice au développement exponentiel de ses potentiels et à l’utilisation bénéfique de ses ressources naturelles et humaines… Consultons et apprenons ! Créons et innovons ! Débattons ensemble ! Observons d’autres modèles (au-delà du modèle allemand bitte schön) !

OUI, la France connait une fuite de ses citoyens, et ce toutes classes et tous « cerveaux » confondus… La richesse de la France tient dans sa diversité, dans son hétérogénéité, dans la multitude de ses origines, idées, pensées, etc. Nous pouvons donc encore faire beaucoup de belles choses avec « ceux qui restent » et « ceux qui veulent venir participer ».

OUI, la France est un pays innovant, à l’esprit entrepreneurial fort et aux talents aussi développés que dans les autres pays… Nous n’avons pas encore appris à valoriser et encourager ces initiatives de manière efficiente, constructive et durable.

OUI, la France n’a pas une politique intérieure fonctionnelle d’aide et de soutien économique et culturelle aux entrepreneurs, penseurs, chercheurs, inventeurs, génies, savants fous, jeunes dynamiques, doux rêveurs, originaux, créateurs… Peu importe les explications historiques, sociologiques ou culturelles, il serait peut-être temps de se confronter à cette problématique.

OUI, la France est en quête d’une nouvelle identité et d’une vision commune… On ne peut pas être tous d’accords sur tout, mais peut-être pourrions-nous commencer par poser quelques bases communes et solides autour des atouts incontournables de notre pays : ses ressources naturelles et humaines, sa géographie et son histoire culturellement riches, sa capacité d’innovation, son esprit révolutionnaire, et surtout : sa culture de solidarité. Si, si, j’insiste.

OUI, la France ne valorise pas l’entrepreneur (ni l’intrapreneur d’ailleurs)… elle ne le définit même pas correctement ! Il y a les charges sociales, les impôts, la protection sociale faible, mais pas que, il y a aussi l’isolement social et économique (accès à la location ou prêt bancaire), la non reconnaissance, la non compréhension d’un métier à part entière avec ses propres particularités et besoins, etc.

OUI, la France n’apprend pas aux français à faire la différence entre être un dirigeant et être un entrepreneur… Or, on peut être l’un sans être l’autre. La vision du dirigeant dans l’inconscient collectif est souvent celle du vilain-méchant qui profite de tout et de tous, forcément riche, assoiffé de pouvoir et marchant sur les autres pour réussir. Il serait peut-être temps d’ouvrir le champ des possibles à la multitude de style de direction et de style d’entrepreneurs.

OUI, la France est perdue et désorientée… Perdue dans les faux débats où nos hommes politiques ayant environ 8 ans d’âge mental ne pensent qu’à asseoir leur pouvoir sur les autres, plutôt que de garder l’esprit ouvert et de penser au mieux-être individuel et collectif. Si nos dirigeants politiques ne montrent pas l’exemple, il parait difficile de se vivre comme une nation fière d’elle-même et d’aller de l’avant.

OUI, la France est un pays de râleurs et de critiques incessantes… Et alors ? Optimisons nos atouts et faisons-en une force plutôt qu’un défaut dont nous sommes la risée à l’international. Utilisons ces qualités pour aller de l’avant, imaginer d’autres possibilités, remettre en question, créer de la nouveauté, inventer notre futur, ici et maintenant.

OUI, la France peut (re)devenir un pays où ses habitants se sentent libres (de rêver, d’oser, de penser, de créer), égaux (devant leurs chances, devant leur éducation, devant le champ des possibles) et fraternels (solidaires, ouverts à la différence, tolérants).

À PROPOS DE L’AUTEUR. Je m’appelle Chloé, j’ai 32 ans. Je suis franco-argentine, née à Paris, entre mes 20 ans et mes 30 ans j’ai été expatriée à Montréal (5 ans) et à Dubaï (2 ans). J’ai une formation académique qui a couvert l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, la recherche qualitative (études de terrain et ethnographie), le management interculturel, l’information et la communication organisationnelle. J’ai travaillé dans la restauration, l’évènementiel sportif, la recherche académique, le marketing, la communication et la stratégie de développement d’affaires à l’international. Après beaucoup d’hésitations, j’ai décidé de rentrer en France pour créer mon activité professionnelle, aujourd’hui je suis coach d’entrepreneur à mon compte. Oui, le retour a été violent (et il l’est parfois encore) mais je m’accroche, la multitude des modèles que j’ai pu observer de par le monde m’offre de l’espoir pour la France et surtout encore l’envie de participer à la définition de notre modèle unique. J’ai la vision d’un monde où chacun peut s’autoriser à rêver et à oser trouver les ressources nécessaires dans son réseau naturel et social (en ligne et hors ligne). De mon point de vue, La Nature est Généreuse. J’ai également la conviction intime que l’on peut tous participer au changement, pas à pas et à son niveau, action après action. Et ceci est, de mon point de vue, une action, sous forme de coup de gueule et de wake up call. Et si mon idéalisme utopique vous fait doucement sourire, demandez-vous d’abord ce qui vous touche et ce qui parle en vous à ce moment-là et ce que cela signifie pour vous. (BISOUS !).

En passant

Mort de Froid

Je m’appelle Michel, nous sommes le 23 janvier 1985, et le 19 février je fêterai mes 25 ans.

La femme de ma vie est blonde, magnifique, pulpeuse, elle respire la vie, elle est drôle, sa famille est aimante et chaleureuse, ils m’accueillent comme l’un des leurs. On partage beaucoup, on aime tous les deux se perdre pendant des heures dans la musique doucement mélancolique, celle qui fait pleurer d’intensité et vibrer d’émotions. On aime voyager, on rêve d’aller s’installer ailleurs : dans le Sud, pourquoi pas Arles ? me dit-elle, on rêve d’écrire un livre à quatre mains, on veut faire un enfant. Nous sommes jeunes, innocents, naïfs et plein d’espoir : tout nous appartient et tout est possible. Nous allons faire LE plus bel enfant du monde, véritable consécration de notre Amour, frais et pastoral comme deux jeunes bergers bucoliques.

La prunelle de mes yeux, cet enfant parfait, il existe. Petite fille aux yeux verts, pétillante, souriante, pleine de vie, elle observe le monde et interroge la vie avec un regard lourd, profond et trop sérieux pour son âge, et en même temps plein de rire et d’espoir. Accrochée à la vie dans le ventre de sa mère à la seconde même où nous nous disions : et si on faisait un enfant ? Cette fleur a éclot au début de l’été, à ce moment exact où la température est agréable et douce, celle que l’on voudrait sentir en permanence. Cette merveille miniature a 3 ans et demi (elle insiste sur cette moitié supplémentaire qui parait si futile aux adultes). Moi je crois que les cycles de 1 an lui paraissent dénués de sens, elle sait déjà plus que nous tous, elle sait déjà que la Vie est indomptable et qu’elle n’accepte aucune domination, ni celle des Hommes ni celle du Temps.

Ma famille est dysfonctionnelle et a atteint le paroxysme de son héritage karmique de morbidité et de folie douce. Ma mère a mis 6 enfants au monde, 3 étaient déjà morts avant même ma naissance. Mon père est mort sous nos yeux le soir de Noël avant même que j’ai 10 ans. Mes sœurs s’accrochent à la vie comme elles le peuvent, l’une dans la torpeur de l’alcool et la drogue, l’autre dans la douceur des antidépresseurs. Et moi je suis là, mais je me demande souvent ce que j’y fais, . Mon intelligence supérieure fait que les études m’ennuient, je les délaisse rapidement. Les métiers administratifs ou manuels que j’essaie d’apprendre sur le tas me paraissent vides de sens, je les abandonne les uns après les autres. J’ai d’autres choses plus importantes à faire, comme vivre, ou plutôt, survivre.

Sous cette apparente douceur pâle, cette beauté fragile et cette intelligence charmeuse,  je lutte en réalité entre ces deux Moi qui m’habitent. Parfois le temps suspendu m’offre des bulles de clarté, aux couleurs stables et pleines de paix. Mais comme le balancier d’une pendule, j’oscille rythmiquement entre la mélancolie et l’excitation. Inéluctablement je plonge dans cette psychose effrayante qui m’habite depuis toujours. J’aime ce mot, psychose, sa racine est magnifique et son étymologie donne tout son sens à ce que je ressens depuis toujours : une anomalie de mon esprit et de mon âme. Ce mal-être qui me hante depuis toujours, issu de ma généalogie. Entonnoir de cet héritage, je cumule toutes les énergies et les mémoires de mes ancêtres bretons, tourmentés et rugueux.

Hanté, encombré, bouleversé, chamboulé, mes visions intérieures s’enflamment et je délire joyeusement sur le papier. Artiste du futur, druide des traditions, je suis le Roi de Bretagne, et ma fille un jour en sera la Reine. Princesse de mon cœur, c’est elle qui nous délivrera tous. Lumière de ma Vie, c’est elle qui libérera les Hommes de la magie noire et fera briller la Lumière. Soudain, mes idées s’obscurcissent, je me sens lourd et profondément triste. J’ai peur de leur faire du mal, elles qui m’aiment tellement et sans jugement. Suis-je normal ? Je pleure. J’ai envie de disparaitre. Puis je retrouve espoir et je m’envole de nouveau. Aujourd’hui je décide de prendre les choses en main, je suis maître de moi-même et j’accepte mon destin. Je veux l’embrasser, sans trop mal l’étreindre.

Le 24 décembre dernier mon ex-femme et ma fille trouvent ma déclaration officielle de sauvetage de moi-même. J’annonce à ma famille, dans un dernier adieu, que je pars ailleurs, plus loin, vers le Sud, vers le Soleil, là où il fait chaud, là où les gens chantent et vivent heureux. En réalité, ils ne le savent pas, mais je vais revenir, bien entendu. Une fois que j’irai mieux, quand je me serai trouvé, quand je saurai être le mari, le père et l’enfant que je n’ai jamais su être. Je me sens tellement à côté de mes pompes, littéralement, comme si je marchais pied nus en suivant les pas d’une paire de chaussures qui marchent seule et me sont complètement étrangères et inconnues.

Je prends donc le chemin de ma vie, je décide de marcher jusqu’à me rencontrer, à la croisée des destins, au carrefour de ma renaissance. Utopiste dans l’âme, je sais que l’on peut vivre d’amour et d’eau fraîche. Je m’élance silencieusement vers le Soleil. J’avance en moi-même en même temps que je chausse enfin ces souliers qui me vont bien et m’appartiennent. J’avale les kilomètres à pied. Je m’aventure sur l’itinéraire d’une âme mal incarnée. Je laisse le hasard me guider. J’oublie la faim, j’oublie la soif. Je me nourris de Nature et de Soleil. Perdu dans ma quête intérieure, je me déconnecte et je m’envole loin de la réalité.

Au même moment à Nice, les palmiers gèlent et les promeneurs à l’anglaise skient :

Janvier 1985 - Palmiers Promenade des Anglais

 

 

 

 

Sur Antenne 2, Alain Gillot-Pétré titre sa météo Le froid dur dure :

Janvier 1985 - Alain Gillot-Petre

 

 

 

 

 

À Sully-sur-Loire, le pont suspendu s’effondre :

Janvier 1985 - Pont Suspendu

 

 

 

 

 

En Camargue, des centaines de flamands roses périssent, prisonniers du gel :

Janvier 1985 - Flamands Roses en Camargue

 

 

 

 

 

 

Et au Centre de la France, il fait -20°C :

Janvier 1985 - Meteo France

 

 

 

 

 

Emmitouflé dans un tas de feuilles enneigées, je suis happé par cette douceur cinglante, je me laisse emporter dans ce sommeil qui m’appelle et me tend la main. Enfin on me voit, enfin on me sourit, enfin je ne suis plus seul, enfin on m’aime, enfin je souris. Ma folie anesthésiée, ma douleur de vivre gelée, le temps ralentit et je vis la plus belle épochè de ma vie. Inexorablement, je m’assoupis, comme pour mieux approcher mes rêves et les toucher du doigt. Je savais qu’en cherchant le Soleil je partais à la rencontre de mon être et de ma guérison. Et cette nouvelle vie, lumineuse, chaleureuse, pleine d’énergie, c’est la beauté glaciale de la mort qui me l’offre.

Je m’appelle Michel, nous sommes le 23 janvier 1985, et finalement je n’aurai jamais 25 ans.

À trop penser au passé ou au futur, on en oublie de vivre au présent, on vit comme si on n’allait jamais mourir et on meurt sans jamais avoir vécu. La seule façon d’échapper au sortilège est de vivre l’instant présent. Maxence Fermine