Perdre la Bulle

La boule au ventre… Ramper… S’allonger… Comme pour mieux ressentir cette douleur lancinante… Celle-là même qui nous fait vaciller et nous retourne les tripes, celle-là même qui ne s’en va jamais vraiment…

Contractions de cet accouchement d’un Amour mort-né… Trouver la force de donner les dernières poussées… Expulser cet être étrange qui erre en nous, ce spleen aliénant qu’il faut libérer puis enterrer définitivement hors de soi…

Violent uppercut… Blessure physique… Chocs électriques parcourant tout notre corps… Jeter l’éponge… Knockout… Le souffle coupé, les yeux rouges, gonflés, les larmes dévalent nos joues sans direction ni futur, à l’image de la relation perdue…

Danse sauvage des sentiments refoulés, rythme acerbe des battements de cœur qui rugissent sans tarir, mélodie aiguë de cette voix cassée, enrouée, incapable de prononcer le moindre son…

Puis, exténué par ces spasmes larmoyants, le corps affaiblit se relâche, et enfin, lâche prise… Les soubresauts diminuent jusqu’à arrêt sur image…

Ce moment suspendu où l’esprit divague et hésite sur la direction à prendre, la bouche pâteuse et sèche, anesthésie de l’écume bourdonnante de nos émotions, de nos sensations…

La surprise, la honte, la frayeur… Toutes les peurs s’éloignent doucement… Tels des démons fantomatiques qui reviendront hanter en temps voulu… Cette fois-ci ils ont été vaincus…

Combien de fois encore pourra-t-on se battre, vaincre et survivre ? Nos coeurs blessés ont vécu autant de batailles qu’un vampire immortel né au 15ème siècle… Intense fatigue, l’envie de vivre parait inaccessible, presque irréelle…

À coups de bleus, à coups de gris, à coups de sang, notre force naïve et innocente d’amour résistera-t-elle à une autre guerre, à une autre rencontre, à un autre espoir… ?

Entre choquée et entrechoquée… L’âme assourdit s’envole loin de ce corps qui vit la souffrance de la perte dans sa chair et dans son souffle… Souffle de vie, énergie créatrice, lumière précieuse, chaleur irradiante, espoir souriant…

Se relever, vivre et survivre… Vivre ses émotions, les accepter, les écouter… Ce sont elles qui font de nous des êtres-vivants résolument rêveurs, romantiques, idéalistes et optimistes…

Perdre la « meilleure chose qui nous soit arrivé » c’est aussi nettoyer et laisser place à la prochaine « meilleure chose qui nous soit arrivé ».

Nature généreuse, Amour illimité, universel et inconditionnel… Ouvrir les yeux, regarder, observer… Suspendre ses jugements et ses pensées, suspendre le temps et vivre dans le « Ici et Maintenant »… S’offrir à soi-même Amour, Bienveillance et Reconnaissance…

Vivre dans l’incroyable croyance que tout est à portée de nos mains au moment même où nous sommes prêts à cueillir les fruits de la Vie… Ouvrir notre coeur, faire confiance, reprendre son chemin, sourire, s’aimer…

Orage

Le ciel rosit, les nuages accélèrent, l’horizon s’assombrit d’une douceur extatique qui enveloppe ma vue d’une frissonnante inquiétude… Les sommets grondent d’un râlement rauque tout aussi effrayant que paralysant, mes cheveux se hérissent, la Nature nous rappelle à sa grandeur… Des éclairs fragmentent le ciel d’une lumière abyssale qui renforce la sensualité de mes sens en éveil… Tel une mousson inéluctable, il arrive au-dessus de nos modestes huttes urbaines, il se gonfle de violence, d’arrogance, de passion… Montée subtile de sa puissance animale, offerte en pâture à ses nuages, à ses douces gouttes de pluies furieuses… Mélange imprévu des sens bouleversés par cette sève humide exotique qui susurre à nos corps de s’abandonner à ce qui vient… Comme par communion divine des gouttes de sueurs perlent et glissent le long de mon cou, arpentent ma peau, mon dos, mes reins… Gonflé à bloc d’éléments puissants, Zeus lui-même n’en peut plus de retenir sa colère rageuse, les feuilles se soulèvent et volent, les arbres sont secoués, cette chaleur insoutenable se retrouve soudainement happée par un vent froid, glaçon de nos désirs, réaction alchimique de nos sens qui s’émerveillent quand enfin il explose, l’Orage…

D’âme à Rame

Bras ballants, courbé, alourdi par le poids des fardeaux invisible qu’il porte à même le dos, il monte à La Motte-Piquet-Grenelle, s’appuie contre la porte opposée, son regard fixe visant un point invisible. Dans sa main gauche, un cintre enveloppant un habit précieux, un costume endimanché, une parure qui lui est chère. Dans l’autre main, ses doigts s’agrippent fermement aux anses cordées d’un sac Nespresso au contenu plutôt lourd, une nouvelle machine pour agrémenter sa cuisine ou un nouvel accessoire pour offrir à la fille de sa cousine, qui se marie samedi. Ses bras sont lourds, aussi lourd que cette alliance qu’il porte toujours, incapable de se résoudre à l’abandonner. La ranger avec l’autre, la sienne, son double, dans un tiroir… impossible. Les vendre… impossible. Il a décidé de la garder au doigt, ne sachant quoi en faire d’autre. Il se dit qu’à leurs âges, ces dames comprendront que cela ne compte plus, ou plus vraiment de la même manière. Les promesses ont changé avec l’apparition des rides. Le visage hâlé, plutôt bel homme, seul ses yeux trahissent son désarroi et sa solitude. Les traits fins, plutôt « vieux beau », il se demande s’il y a encore une vie après l’amour, ou plutôt s’il y a encore de l’amour après la mort, ou inversement, enfin bref, il est confus, désemparé, il se demande… Ses chaussures en cuir noir brillent, il est en train de les « faire » de telle manière qu’il puisse danser sans souffrir samedi. Cela fait tellement longtemps qu’il n’a pas eu l’occasion, ou plutôt accepté l’invitation, d’aller à une fête et de pouvoir faire danser d’autres sextagénaires du sexe opposé. Un sourire en coin apparaît, ses yeux se plissent de manière imperceptible, puis tout aussi discrètement, ses traits se froissent, le rictus se rigidifie, ai-je le droit d’avoir envie de danser avec quelqu’un d’autre qu’elle ? Saint-Sébastien Froissart. Il descend. Fin de notre altercation virtuelle et invisible au carrefour d’un wagon de métro et de deux vies. Nos chemins se séparent de nouveau, nos pas s’en vont chacun dans leur direction, ni opposées, ni perpendiculaires, juste différentes. Adieu Monsieur Nespresso, merci pour ce moment futile et imperceptible, merci d’être et merci d’avoir nourri mon imagination en quête d’aventures intérieures improbables.

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« This Ain’t »

This ain’t a good thing, but it sounds good to me…
This is not pleasant, but it’s a good deal…
This ain’t really a home, in any case not mine…
This is just a hole, and it will kill my mind…
This ain’t a broadcast, to find a poor guy…
This ain’t an artist gallery, this ain’t necessary…

You will not find the way… to make me feel the way you do (x2)

This ain’t a spacecraft, but it feels galactic…
This ain’t a moon light, but I can feel the shallow…
This ain’t good food, but it tastes delicious…
This ain’t music, but it sounds harmonic…
This ain’t a love song, but it can become one…
It’s not only in my head if you can hear too…

You will not find the way… to make me feel the way you do (x2)

This ain’t a lyric…
This ain’t a nice picture…
This ain’t a poetry I would have wrote for you and I…
This ain’t a good song…
and this is not my home…
This is just another way to see what you like…

You will not find the way… to make me feel the way you do (x2)

This ain’t a good thing…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This ain’t really a home…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This is not pleasant…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This is just a hole…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This ain’t a spacecraft…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This ain’t a moon light…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This ain’t good food…
You will not find the way… to make me feel the way you do

This ain’t music…
You will not find the way… to make me feel the way you do

:: Mars 2008 ::
:: Paris, France ::
:: Paroles écrites par Mathieu & Chloé (http://www.reverbnation.com/alistairpogg) ::

Son

« Silence »

Wishing for the stars to smile
Instead of some unknown tears to shine
Feeling my soul tired
Deeply angry, deeply hurt
No reason, no doubt…

Underneath the silence: a wander
The way it goes in a human head
Waiting for someone that never came
Regretting those who already left…

Broken from inside out
Who will bring the moon to me?
Strangers laughing in the dark
Strangers waving at me…

Underneath the silence: a sign
Winking at me like destiny
My peers’ shallow emptiness
This world is not my home…

Hurt within my core,
Head over heels
‘Cause it never stops
It just goes on and on…

Feeling broke when nothing yet happened
Demons winning over my strenght…
Underneath the silence: an evidence
The only sign I shall see and listen to…

… they just don’t need to know me
… they just don’t want to know me
… they just don’t care to know me

:: Septembre 2006 ::
:: Montréal (Québec) Canada ::