La Dame à l’Âme

2 ans c’est à la fois court, long, presque intemporel… 24 mois qui se succèdent les uns aux autres, dans toute leurs différences et toute leurs ressemblances… De rêves en évolution, l’espoir on l’a tous, malgré ce pincement au cœur depuis ton départ… Ironie du sort, ce pays qui t’as enlevé à nous a depuis connu une révolution, un printemps arabe, une renaissance pleine de Liberté… J’aime à penser que tu avais laissé sur place la semence d’un espoir retrouvé, la graine merveilleuse d’un monde qui ose imaginer l’impossible et sait se dépasser, au-delà des limites imposées par des forces obscures cherchant à imposer une puissance acquise aux dépends des autres dans le déni du bien être de l’Autre…

J’aime à penser que depuis 2 ans tu te marres bien de nous voir, nous autres êtres humains, nous débattre avec notre propre destinée… Avec ton verre de coca et tes fraises tagada, habillée de ta plus belle robe en jean, celle-là même acheté à Dubaï ensemble, remember ?

2 ans… Que d’événements passés et que de choses à faire et à inventer encore pour une vie plus belle, plus souriante et plus heureuse… Des voyages, des soirées, des fous rires, des déménagements, des Dakar, des victoires, des rêves, des secrets, des échecs, des peurs, des rencontres, des amours, des anniversaires, des naissances, des rébellions, des joies, des livres, des changements de travail, des défis, des amitiés, des confidences, des retrouvailles, des pardons, des lectures, des départs, des divorces, des surprises, des remerciements, des films incroyables, des navets, des espoirs, des arrivées, des élections, des démissions, des crises, des chutes, des bébés, des mariages, des ruptures, des démissions, des retour à l’école, des photos, des miracles et des morts…

2 ans déjà et pourtant ta force vitale nous habite toujours, nous qui avons eu la chance de te croiser et que tu as su toucher de ton sourire franc, de ton regard curieux, de tes questions naïves et innocentes, de tes réflexions profondes et si juste… Sans faillir je sais que tu as aussi planté une graine fantastique de fleur de liberté et de champs de bonheur en chacun de nous, et je n’ai de cesse de regarder avec émerveillement les levers et les couchers de soleil et les ciels improbables que tu participes à nous envoyer pour nous rappeler à l’ordre : la Vie mérite d’être vécue sans complexe et sans gêne, sans honte et sans peur, mais bien avec sourire, avec espoir, avec rêves, avec bonheur…

Récoltées depuis 2 ans, voici les petits clin d’œil colorés que j’ai toujours capté en ton honneur, toi qui aura éternellement 32 ans…

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Perdre la Bulle

La boule au ventre… Ramper… S’allonger… Comme pour mieux ressentir cette douleur lancinante… Celle-là même qui nous fait vaciller et nous retourne les tripes, celle-là même qui ne s’en va jamais vraiment…

Contractions de cet accouchement d’un Amour mort-né… Trouver la force de donner les dernières poussées… Expulser cet être étrange qui erre en nous, ce spleen aliénant qu’il faut libérer puis enterrer définitivement hors de soi…

Violent uppercut… Blessure physique… Chocs électriques parcourant tout notre corps… Jeter l’éponge… Knockout… Le souffle coupé, les yeux rouges, gonflés, les larmes dévalent nos joues sans direction ni futur, à l’image de la relation perdue…

Danse sauvage des sentiments refoulés, rythme acerbe des battements de cœur qui rugissent sans tarir, mélodie aiguë de cette voix cassée, enrouée, incapable de prononcer le moindre son…

Puis, exténué par ces spasmes larmoyants, le corps affaiblit se relâche, et enfin, lâche prise… Les soubresauts diminuent jusqu’à arrêt sur image…

Ce moment suspendu où l’esprit divague et hésite sur la direction à prendre, la bouche pâteuse et sèche, anesthésie de l’écume bourdonnante de nos émotions, de nos sensations…

La surprise, la honte, la frayeur… Toutes les peurs s’éloignent doucement… Tels des démons fantomatiques qui reviendront hanter en temps voulu… Cette fois-ci ils ont été vaincus…

Combien de fois encore pourra-t-on se battre, vaincre et survivre ? Nos coeurs blessés ont vécu autant de batailles qu’un vampire immortel né au 15ème siècle… Intense fatigue, l’envie de vivre parait inaccessible, presque irréelle…

À coups de bleus, à coups de gris, à coups de sang, notre force naïve et innocente d’amour résistera-t-elle à une autre guerre, à une autre rencontre, à un autre espoir… ?

Entre choquée et entrechoquée… L’âme assourdit s’envole loin de ce corps qui vit la souffrance de la perte dans sa chair et dans son souffle… Souffle de vie, énergie créatrice, lumière précieuse, chaleur irradiante, espoir souriant…

Se relever, vivre et survivre… Vivre ses émotions, les accepter, les écouter… Ce sont elles qui font de nous des êtres-vivants résolument rêveurs, romantiques, idéalistes et optimistes…

Perdre la « meilleure chose qui nous soit arrivé » c’est aussi nettoyer et laisser place à la prochaine « meilleure chose qui nous soit arrivé ».

Nature généreuse, Amour illimité, universel et inconditionnel… Ouvrir les yeux, regarder, observer… Suspendre ses jugements et ses pensées, suspendre le temps et vivre dans le « Ici et Maintenant »… S’offrir à soi-même Amour, Bienveillance et Reconnaissance…

Vivre dans l’incroyable croyance que tout est à portée de nos mains au moment même où nous sommes prêts à cueillir les fruits de la Vie… Ouvrir notre coeur, faire confiance, reprendre son chemin, sourire, s’aimer…