Bienvenue aux Femmes sur Twitter !

On le sait, Twitter sait s’enflammer et faire sauter la baraque sur des sujets divers et variés (parfois pour peu, je vous l’accorde) mais pour une fois je vais y participer pleinement et en y mettant toute mon énergie ! Il faut de tout pour faire un monde, mais il a des limites au foutage de gueule et au discours destructeurs qui font resurgir des idées et des pensée d’un autre temps.

Quelle est le sujet de ma prise de parole véhémente ? Une vidéo de 3min53 publiée le 7 février 2012 (après JC, je précise) intitulée « Twitter et les femmes, par AuFeminin.com » et publiée dans la série « Les vidéos du succès de PPC & HK » (que j’apprécie habituellement beaucoup). Jusque là, tout va bien, le sujet m’intéresse. Je regarde la vidéo (et là vous faites pareil).

Le contenu de cette vidéo ? Une interview exclusive de Marie-Laure Sauty de Chalon, Présidente de AuFéminin.com, pour répondre à la question : « Les 7 raisons qui font que les femmes tweetent moins que les hommes ». Et là déjà, dès la 15ème seconde, le bât blesse… En effet, et comme le rappelle si bien @Poupimali dans son article « AuFeminin.com et l’archaïsme 2.0 » : en moyenne les femmes tweetent plus, sont plus populaires et suivent plus de personnes que les hommes. Je rajoute à cela qu’à priori, le profil type de l’utilisateur français de Twitter serait une Femme de moins de 34 ans, CSP+ et parisienne. Après avoir farfouillé divers infographies et données statistiques, la statistique la plus récente qui me semble représenter la réalité est que 10% des hommes-internautes sont sur Twitter, alors que 5% des femmes-internautes le sont.

Bon, à la limite, passons, car de toute manière le festival d’élucubrations est loin d’être terminé.

Je vous propose une petite analyse de texte, en mode simili-sémiologie ou méta-communication (on m’a dit que les gros mots ça fait bien, en France…). Je tiens à préciser qu’en retranscrivant l’interview, on réalise que les les phrases sont incomplètes et du coup font hésiter sur le sens… Mais pas tant que ça non plus ;) Ci-dessous une tentative de traduction, j’espère avoir été fidèle à la pensée de Marie-Laure Sauty de Chalon :

1) La peur d’oser : une appréhension à franchir le premier pas face au côté un peu « geek » de Twitter (comprendre : le geek est un homme, et les femmes ont peur… de l’ordinateur ? ou bien de l’homme ? ou encore du geek ? Mince, je suis perdue !).

2) L’éloquence : les garçons savent parler de manière improvisée et concise (comprendre : les filles ont peur et/ou ne savent pas s’exprimer correctement en public…).

3) L’esprit de compétition : sur Twitter on compte les followers et… il faut aller vite, ce que n’aime pas les femmes, la preuve dans le sport (heing ?) la seule compétition que les femmes s’inventent est celle de la perfection physique (les femmes préfèrent donc se crêper le chignon en s’arrachant leur sac-à-main Gucci pour arriver en haut du podium de l’élection Miss Camping 2012).

4) L’impossible anonymat, un frein à l’expression : les femmes préfèrent s’exprimer derrière des pseudonymes en étant cachées… (comprendre : sur Twitter, on est obligés de mettre sa photo contractuelle et l’anonymat est impossible… Ce qui est faux. Qui plus est, cette explication est invalidée par l’exemple de Facebook, où autant d’hommes que de femmes sont inscrits, et que par définition les gens utilisent en leur nom propre et sous leur réelle identité).

5) L’expression Monothématique : en 140 caractères on ne peut aborder qu’un seul sujet (le sachiez-tu ?!) or les femmes aiment parler à torts et à travers de plusieurs sujets en même temps (comprendre : l’expression monothématique nous est impossible) par contre (attention, ici : saut de logique implacable) les femmes faisant toujours plusieurs activités à la fois (en plus de parler de plein de sujets en même temps… ouhlala on est fortiches) mais tweeter en plus là c’est trop (c’est vrai qu’il serait dommage de mettre l’iPhone au four pendant qu’on repasse les fesses de bébés tout en téléphonant à Sarkozy « par inadvertance »…).

6) Le manque de sensualité : sur Facebook il y a un environnement (comprendre : pas d’environnement sur Twitter), des photos (comprendre : pas de photos sur Twitter), un truc (comprendre : pas de truc sur Twitter), alors que Twitter c’est sec, froid et clinique et donc pas très féminin (comprendre : les Hommes aiment le froid, le sec, le clinique… Oh oui, opère-moi !).

7) Les 140 caractères : les femmes aiment parler sur leur téléphone mobile, donc il leur est difficile de s’exprimer (à l’écrit) de manière concise, alors pourquoi vouloir nous limiter ? (et là j’entends Arlette : on nous spolie, on nous ment !).

Voila voila voila… J’utilise mon Joker concernant la présence en mode « apothéose finale » de cet invité de taille reconnu in-ter-na-tio-nal-ly pour sa misogynie son apport à la cause de la femme… Je vous laisse également apprécier par vous mêmes les a priori incroyablement sexistes et machistes contenus dans cette vidéo, à l’encontre des femmes… et des hommes ! J’en connais certains qui seraient heureux de se voir décrits comme des gros geek monotaskeurs froids secs et assoiffés du followers :) Je pense notamment à @mercredi_c_papa ou @LaurentNetTweet.

Aaaaaah !! Mais on me dit dans l’oreillette qu’une réponse a été publiée par Marie-Laure : « Les femmes sont-elles différentes ? » et qu’elle a même posté un tweet d’explication… (Attendez, je lis… vous aussi pas vrai ?) …………….. (7 anges passent) ………… Mouais, l’article ne me convainc pas plus que ça, je trouve qu’il détourne le sujet sur un autre sujet, tout aussi important pourtant. Il me parait évident que les Hommes et les Femmes ont des valeurs communes et des valeurs différentes.. So what concernant la présence sur Twitter ?! Par contre je trouve votre tweet bien plus explicatif et censé (même si, justement, je suis contre l’utilisation de logiciels comme TwitLonger qui faussent la règle des 140 caractères, on peut écrire plusieurs tweets de suite, c’est tout aussi compréhensible). L’un dans l’autre, je vais dans le même sens que vous concernant la nécessité d’évangélisation pédagogique de Twitter (et autres réseaux et médias sociaux) auprès des femmes (et des hommes), j’en ai même fait mon métier tiens tellement ça me parle !

Je pense qu’il existe différents types de femmes, aux valeurs différentes elles aussi (mince, n’appelle-t-on pas cela des in-di-vi-dus ?!) et je respecte l’existence toutes (et de tous), c’est ce qui fait la beauté d’une Civilisation Humanité, n’est-ce pas ? J’imagine également que beaucoup de femmes consultent le site aufeminin.com pour d’excellentes raisons et qu’elles y trouvent leur bonheur. Par contre je crois que Marie-Laure a oublié de descendre de sa tour de nacre brillante comme des diamants décorée d’étoffes en taffetas rose depuis trop longtemps… Ou tout simplement qu’elle a oublié qu’elle parlait sur un média public de grande diffusion (YouTube = plus d’1 milliards d’utilisateurs). D’ailleurs, j’ai même hésité à cliquer sur « Voulez-vous signaler cette vidéo comme pouvant offenser les internautes ? » car personnellement, en tant qu’Internaute (et Twittas !) je me sens particulièrement offensée par ces propos venant d’une supposée représentante des femmes 2.0. Je vous fais également remarquer que cette vidéo a été classée dans la catégorie « éducation »… Bizarrement je me sens plus bête qu’avant de l’avoir vue, et en bonus cela me rappelle les publicités « Moulinex : libère la femme » ou encore Seb qui disait fièrement : « Monsieur, vous qui aimez la bonne cuisine, offrez-lui une super cocotte ».

Guess what ?! Moi ma super cocotte à moi, justement : c’est Twitter ! Lieu d’information, d’échanges et de partage par excellence, j’y passe beaucoup trop de temps de manière à la fois didactique et humoristique, or, qui dit mieux que d’apprendre en riant ? C’est également une source de rencontres enrichissantes, de débats critiques et passionnés, et enfin, une des raisons principales de mon amour pour Twitter vient notamment de la délicatesse et de l’éloquence concise liée à l’amour des bons mots et du beau verbe ! Contrairement à ce qui est dit dans la vidéo, je trouve Twitter d’une sensualité élevée, de par ces jeux des mots constants, ces joutes verbales en 140 caractères, ce challenge de l’expression concise et respectueuse de la langue.

Pour celles et ceux qui ne le savent pas déjà, la question de l’égalité homme/femme est un sujet qui m’intéresse, pour diverses raisons comme par exemple le fait d’avoir été une cadre supérieure dans une industrie « typiquement » masculine, ou le fait d’avoir habité 2 ans au Moyen-Orient pour développer une activité commerciale ou encore le fait que je suis depuis toujours baignée dans des milieux sportifs à dominante masculine. J’ai assisté à plusieurs forums et salons dédiés aux problématiques sociales et professionnelles rencontrées par les femmes dans un monde dominé par un modèle patriarcal. Et ce que j’entends dans les débats entre femmes est majoritairement bien plus stéréotypé sur elles-mêmes et sur les hommes qu’ailleurs. Ce qui parait complètement paradoxal, et pourtant assez proche des propos de la vidéo, que je me permets de juger comme : insultante étonnante paradoxale, donc.

En conclusion, chère Madame Marie-Laure Sauty de Chalon, je veux bien croire que votre volonté n’était pas d’offenser les femmes (twittas ou pas) mais je vous reproche d’avoir choisi ces mots et cette méthode réductrice pour parler d’une problématique fondamentalement complexe. À aucun moment vous n’avez mentionné dans l’interview que vous parliez « au nom de vos lectrices interrogées dans vos forums », on comprend donc que vous parlez en votre nom propre. La prise de parole publique est un exercice périlleux, d’autant plus depuis l’existence de Twitter, média intellectualisant et certes impitoyable, et je reconnais que vous avez le courage de vous excusez et de reconnaître votre maladresse. Malheureusement je reste malgré tout sur une impression amère qui ne fait que confirmer ce que je pensais déjà vrai :  le pire ennemi de la Femme dans sa quête d’égalité est… la Femme. Pour moi le discours de cette vidéo est une honteuse régression archaïque pour l’image de la femme, mais également pour tous les utilisateurs de Twitter, hommes et femmes confondus. Avant de parler publiquement et de manière presque inintelligible des « 7 raisons qui font que les femmes tweetent moins que les hommes » je crois que j’aurais tourné 7 fois mon tweet ma langue dans mon four dans ma bouche.

Aux hommes et aux femmes qui liront cet article, si Twitter vous intrigue : créez-vous un compte, observer quelque temps, demandez des conseils à des gens qui connaissent déjà, puis jetez-vous à l’eau et essayez par vous-même ! Que votre profil soit anonyme ou non, peu importe, si l’outil vous est utile à quelque chose (veille, partage, échanges, rencontres, débats, lecture, écriture, etc.) alors gardez-le, la bonne nouvelle c’est que vous suivez qui vous voulez et vous êtes suivis par ceux qui apprécient ce que vous racontez ! Au pire : la désactivation d’un compte prend 5 secondes.

Bisous <3

Non mais on croit rêver !

Alors voilà, il y a quelques minutes à peine, j’étais en pleine séance de procrastination intensive et de détente typique d’une fin de journée paisible sur Internet quand je tombe sur un article de Minute Buzz intitulé : « Qui a dit « les réseaux sociaux, c’est une ouverture sur la haine » ? Interpellée par ce titre aguicheur, je me précipite pour savoir rapidement qui a osé toucher à ma sacro-sainte bulle addictive, j’ai nommé les Facebook, Twitter et autres délices 2.0 ?

Dans un premier temps j’apprends donc que c’est Mélanie Laurent qui s’est emportée lors d’une interview accordée à Leberry.fr la veille de son passage sur la scène du Printemps de Bourges. C’est vrai que cela fait maintenant quelques semaines que je vois passer par-ci par-là des commentaires, des critiques et des vannes à son encontre. Ayant passé la majeure partie de ces dix dernières années hors de France, j’ai suivi de loin l’ascension de cette jeune actrice que j’estimais alors plutôt prometteuse, mimi et sympa. Je ne l’ai vue jouer que dans Inglorious Basterds (de mon chouchou adoré : Quentin Tarantino) et dans Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret.

Donc, jusque là, rien d’anormal. D’après les nombreuses blagues de Twittos attrapées au vol, j’ai cru comprendre qu’elle sortait un album, et aux vues des commentaires : le public l’attend de pied ferme, plutôt narquois et dubitatif quant à la potentielle valeur de sa production musicale. Après avoir lu l’article, je visionne donc la vidéo « Coup de gueule de Mélanie Laurent face à la critique« . 2 minutes. En seulement 2 minutes elle a réussit à me faire basculer de la simili-fan désinvolte à la femme insurgée. Je suis outrée, scandalisée, offusquée (e tutti cuanti) d’entendre une star (starlette?) faire preuve d’autant d’ingratitude et de snobisme envers une critique médiatique et populaire qui je le rappelle, est normale, logique, et naturelle dans un contexte « public ». Déjà elle commence fort en déclarant avec étonnement : « on est jugés de tout […] on est filmés tout le temps ». Euuuh… c’est l’hôpital qui se fout de la charité ou quoi, c’est quoi votre métier déjà ?! Mademoiselle Laurent, à partir du moment où vous avez fait un choix de carrière qui vous met sur le devant de la scène, et où vous prétendez offrir à un public une œuvre, une production ou une création, ne pensez-vous pas qu’il est normal de recevoir des critiques, qu’elles soient constructives ou pas, positives ou pas, gentilles ou « haineuses » comme vous avez l’air de le dire ? Ensuite, vous demandez si « on n’a pas d’autres choses plus intéressantes à dire dans les magazines et sur Internet » ? Si si, effectivement, on ferait mieux de traiter des problèmes humanitaires, géopolitiques et environnementaux que connait notre Planète. Mais que voulez-vous, le divertissement, le carnaval et les bouffons nous détendent. Après tout, nous ne sommes que de pauvres humains, banals, vulgaires, presque des sauvages !

Actrice devenue chanteuse ? Ça me rappelle vaguement Claire Kleim, Vanessa Paradis ou encore Scarlett Johansson. À chaque fois qu’une star (homme, femme, même combat: Cantona, Ginola, Elie Semoun, etc.) tente de se reconvertir transversalement d’un Art (ou d’un Sport) à un autre, elle essuie des flots de critiques, souvent acerbes. Pourquoi ce réflexe de la part des médias et du peuple ? Certainement parce que c’est quand même énervant que des gens déjà talentueux (et riches, et célèbres) puissent avoir plusieurs talents en même temps (quelle indécence !) et donc devenir encore plus riches, et plus célèbres… Ce premier élan vient donc directement d’un vice (oh quelle horreur) typiquement humain : la jalousie (admettons-le). J’admets donc qu’on a la critique facile, mais de quel droit souhaitez-vous le beurre, l’argent du beurre, et le fils (variante) de la crémière ? Dans votre monde idéal, vous créez, vous jouez, vous chantez et vos merveilles créatives nous arrivent avec des ailes angéliques et provoquent en nous une myriade de sentiments qu’ils sont beaux, qu’ils sont doux? Welcome chez les bisounours. Est-ce que c’est le trac de la première scène qui vous a fait déconner à plein tubes ou bien vous êtes tout simplement naturellement tellement imbue de vous même que vous souhaiteriez, tel le Roi Soleil, pouvoir censurer toute voix qui n’irait pas dans votre sens ?

Vous dites également que vous ne pouvez pas répondre, « jamais », pourtant, je vous invite cordialement à ouvrir en plus de votre site web officiel (qu’il est beau) un compte Twitter, Facebook, ou peu importe quel types de forum ou d’interface virtuels qui vous permettra de dire haut et fort ce que vous souhaitez répondre aux critiques. Comprenez-moi bien, je peux très bien imaginer à quel point il peut être difficile pour un acteur ou une actrice de lire les critiques. Les acteurs, ces êtres sensibles, à fleur de peau, émotionnels au possible. Je dis ça sans ironie, car je pense que ce sont des traits de caractère nécessaires pour pouvoir faire ce métier et j’admire la capacité que vous avez à jouer et être sur scène aux yeux de tous, car j’en serai bien incapable. Ceci dit, c’est votre passion, votre métier, votre plaisir et il vous fait gagner votre vie plutôt correctement je pense. Peu de personne cumulent toutes ces chances là. Cela ne donne pas pour autant le droit de vous critiquer ou de vous juger sur votre vie personnelle, je ne cautionne pas les magazines people ni la diffamation, mais lorsque l’on parle d’un produit « public » (un film, un album, une photo, etc.) alors j’estime qu’il est du devoir de son créateur de savoir réagir dignement à la critique. C’est pourquoi je m’insurge contre votre réaction dans cette fameuse interview.

Avez-vous déjà rigolé entre amis du lapsus d’un politique (la fellation de Rachida Dati), de la bourde d’un artiste (Lady Gaga qui tombe du haut d’un piano) ou encore du fou rire d’un journaliste en direct à la télévision? Et bien je trouve que c’est pire que la « haine » des réseaux sociaux dont vous parlez, car il s’agit là de choses involontaires. Et pourtant, j’en suis certaine, cela vous a arraché au moins un sourire, si ce n’est un fou rire. Or, nous aussi nous aimons rire, en avons-nous seulement le droit? Quand on est une figure publique, on se doit d’assumer. Comme suggéré par un ami twittos (@basilepetit): « on peut lui dire que si elle avait décidé d’être caissière à monop’ elle serait peut être moins filmée si ça la perturbe autant ». Qu’en pensez-vous ?

Maintenant je sais que ces deux films auront été les premiers ET les derniers que j’aurais vus avec la Miss Laurent à son affiche, car j’ai décidé de boycotter tout futur film où elle apparaitra. Heureusement que la voix virile et rassurante d’Elvis Presley a réussi à atténuer un peu ce coup de sang qui est venu fouetter mon humeur du jour, plutôt badine et taquine jusqu’alors. RRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!

Et vous, ça vous fait quoi ?

C.