En passant

Das Deutsch Spa

En 2011, quand j’étais encore cadre sup’ et que j’avais encore les moyens, je décide de passer un week-end à Hambourg pour rendre visite à une amie d’enfance expatriée. Au-delà du fait que j’ai passé d’excellents moments à découvrir cette ville étonnante et débordante d’énergie, j’ai également vécu une expérience interculturelle quelque peu… marquante !

Étant toutes les deux des very busy working girls, nous décidons de nous offrir une expérience des plus agréables : une demie-journée au spa. Hop hop hop ! Quelques clics sur les Internets et nous choisissons un spa luxueux à quelques coins de rue et nous réservons die massage zen-thaï-ayurvédico-hawaïen qui fait trop du bien au corps, à l’esprit, à la cervelle, aux doigts de pied, au nombril et à tout le dedans de soi-même.

Ni une ni deux, trop motivée et trop contente, je prépare mon sac : serviettes de bain, tongs, maillot de bain, déo, crème, shampoing, parfum, maquillage, peigne… apriori tout y est. Rien qu’à l’idée de renouer avec ces petits plaisirs je me sens déjà plus légère ! Je sifflote, souriante, et je me dis intérieurement : décidément, qu’est-ce que je suis chanceuse.

C’était sans compter sur le double effet Kiss Cool en mode coucou tout le monde, méga-surprise, quand une fois arrivée dans les vestiaires, je commence à observer avec circonspection que mes consœurs à chromosomes XX entrent, sortent, reviennent puis ressortent des vestiaires… en tenue d’Ève ! Mon cerveau commence alors à fumer sévère à base de théories loufoques. Y aurait-il un sas à l’extérieur des vestiaires où sont distribués des maillots de bain écolos en papier mâché recyclé pour sauver la planète ? Ou encore : doit-on passer à la douche désinfectante anti-nucléaire avant d’enfiler son maillot de bain ?

Face à mon regard de hareng mort, mon amie me lance un regard étonné et compatissant accompagné d’un sourire narquois : woouups : c’est ta première fois ? Là mon cerveau démarre à la vitesse de Lewis Hamilton sur un circuit de F1 m’imaginant déjà dans une chambre obscure attachée au plafond en train de me faire fouetter par un inconnu (oui je sais, j’ai une imagination légèrement extrémiste et débordante). Je déblatère, non sans difficulté, un vague : ma… première… fois… hein… euh… wait… what… ? Et là le verdict tombe sans appel : ici tout le monde est nu au spa.

Léger moment de panique…

Sehr schöööööööön… Je viens donc de payer 200 € pour passer mon précieux (et rare) jour de repos au club des naturistes germanophones enthousiastes. J’ai cru que je vivais mon pire cauchemar. Rapide comme un lynx, je me ressaisis : ok cocotte tu as le choix, opter pour la lâcheté et fuir en courant jusqu’au Danemark toute habillée, ou bien oser cette expérience nouvelle que la vie te propose si « généreusement » mais nue comme un ver*Petite musique d’ascenseur* Vous me connaissez suffisamment pour imaginer que je ne pouvais pas résister à l’appel de l’expérience, de la nouveauté, de l’aventure, le tout sur un lieu anthropologique où j’allais pouvoir observer des autochtones dans leur habitat au naturel. Littéralement.

Fallait juste se mettre à poil. Une paille. Non mais sans blague, c’est quand même insolite comme situation quand on n’est pas habituée et qu’on ne l’a pas cherchée ! Et là, je me suis demandée ce qui allait être le plus gênant : savoir que des inconnus allaient me voir aller de bassins en bassins sans-aucun-bout-de-tissu-sur-mon-corps (je ne sais pas pour vous, mais moi d’habitude, je réserve cet état d’être essentiel à mon partenaire ou à mon miroir), ou bien la peur de ne pas résister à scruter les autres (hommes et femmes confondus) à cause de ce satané mélange de curiosité et de voyeurisme qui se cache (parfois bien tapis, certes) en chacun de nous.

Je te vois hocher de la tête et faire la moue : tout le monde, sauf moi. Mais si, si, je t’assure. Tu sais, c’est cela même qui te fait ralentir en voiture quand tu passes à côté d’un accident de la route, alors que tu sais pertinemment qu’apercevoir un bras coupé ou une chaussure ensanglantée va te traumatiser à vie. J’en étais au même point : j’avais instinctivement envie d’aller voir, quitte à être traumatisée à vie par la vue trop nombreuse de tant de corps, de peaux acnéiques, de seins plus gros que les miens, de sexes poilus et autres fesses molles. En fait, j’avais surtout peur de rougir et donc d’être prise en flagrant délit de lubricité. Oops.

Prenant mon courage à 12 mains, j’abandonne mon maillot de bain au vestiaire – la larme à l’œil – et j’enfile mes tongs, dernier vestige d’un accessoire couvrant… ma voute plantaire, en l’occurrence. Wunderbar… Je sors les yeux baissés et en suivant les tongs de mon amie jusqu’à la salle de massage. Ouf, me voilà enfin enfermée et seule. Cette pause salvatrice et bénéfique me permet de rassembler tout mon courage et de tenter vainement de relativiser : après tout, tout le monde est nu, donc tout va bien, tout va bien, tout va bien… Méthode Coué quand tu nous tiens…

Une fois le massage terminé, l’heure fatidique était venue de traverser le spa dans toute sa longueur pour accéder aux bassins et aux saunas. Le couloir de 80 mètres de long en verre transparent passant au-dessus de la piscine ainsi que l’escalier central de 80 marches n’ont évidemment pas aidé à ma détente. Mais bon, j’ai fini par atterrir (traduire : marcher très vite et m’enfouir rapidement) dans un bain bouillonnant, mes tongs et ma serviette posées au loin… si loin… *soupir*

Parfaitement à l’aise une fois les parties intimes de mon corps bien au chaud mais surtout bien cachées par les bulles, mon observation commence. Je suis frappée par la non-gêne ambiante, dans le bon comme dans le mauvais sens. D’un coté, c’est super agréable de voir le corps démystifié et désacralisé. Je me dis que culturellement, on a toutes et tous un rapport au corps différent, et qu’en fonction de ce rapport, on doit vivre plus ou moins facilement certaines expériences de vie. D’un autre côté (et j’assiste aux même scènes dans les vestiaires du YMCA d’ailleurs…), c’est moyennement agréable de voir étalé devant soi l’entièreté majestueuse d’inconnus personnages. Si j’avais voulu tout savoir sur l’anatomie humaine, j’aurais fait médecine. J’ai encore (malheureusement) en tête l’image de ce monsieur assis sur le rebord du bain bouillonnant, très à l’aise les jambes écartées face à mes yeux écarquillés, cherchant désespérément une issue de secours ou un flingue.

Dans cet étalage naturel d’attributs corporels, j’aperçois en vrac : des tatouages petits et grands (mince, moi qui ai fait le mien de manière à ce qu’il ne se voit pas, même en maillot de bain… c’est loupé !), des piercings plus ou moins surprenants, des peaux vieilles ou jeunes, des muscles saillants ou invisibles, des grands et des petits, des minces et des gros, des cheveux blonds, bruns, roux, blancs. Au moins, c’est un beau rappel à la diversité humaine et à l’acceptation des différences. À ce point-là, je réalise qu’ici le rapport au corps a l’air inexistant ou non problématique, donc forcément : ça fait du bien. Mais là, les gens ne se regardent pas, ils ne font d’ailleurs même pas attention les uns aux autres. C’est presque froid en fait. Et soudain je réalise que je dois être la seule latine folle obsédée à avoir des pensée orientées et déformées et qui se demande intérieurement si cela modifie les rencontres dans les bars, la séduction, le rapport à l’autre, le rapport au sexe, le contenu des préliminaires, l’effeuillage… Oops, I did it again ! comme dirait ma pote It’s Britney Bitch.

Quoi qu’il en soit, bon an, mal an, j’ai survécu à cette journée, et j’ai moi aussi déambulé dans mon plus simple appareil, allant de la piscine aux chaises longues extérieures, en passant par les saunas. Et c’est vrai que la liberté ressentie à errer nue a été sans commune mesure, d’autant plus qu’il s’agit d’un espace privilégié et sécurisé pour pouvoir se sentir à l’aise et comme tout le monde. Mais j’ai quand même réalisé à ce moment-là à quel point je préfère l’érotisme d’un corps qui se montre à peine et se dévoile petit à petit, Vs. une version plus crue en mode : « coucou, t’as vu ma bit(t)e (schön) » ! Et oui : on ne se refait pas… Quoique… Tout cela me fait penser que j’ai une autre expérience toute aussi inédite et incongrue à vous raconter : la découverte du magique 281 à Montréal, ze cabaret érotique au masculin, pour les femmes, les vraies. Mais pour le moment, je garde ça au chaud pour plus tard…

Pour en revenir à l’Allemagne, autant vous dire que la soirée qui a suivi sur la Reeperbahn a été bien arrosée (bah quoi, il faut bien justifier de son alcoolisme) et que mon frühstück gargantuesque du lendemain matin était bien mérité. Trèfle de balivernes : au-delà de la méga surprise, c’était une aventure sommes toutes rafraichissante, définitivement revigorante, voire même à refaire, mais en suivant ce précieux conseil d’Orangina : « bon c’est bien les enfants, mais on la refait là, moins crispés » !

Et vous : déjà vécu une expérience de ce genre, à la fois surprenante et drôle ?!

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Montréal Carnavalesque

Bal en Blanc. Palais des Congrès. La soirée de l’année à Montréal.

15.000 personnes se sont préparées pendant un an pour ce party. Aller au gymnase, avoir un corps parfait, faire attention à ses cheveux, coupes et teintures fraiches, incroyables et pimpantes, quelques séances de bronzage, tenter le tout pour le tout pour répondre aux critères universaux de beauté : corps, tête et peau en accord parfait pour ce monde à la fois unique, spécial et magique. Chacun y va de son idée de la beauté et de la perfection, chacun décide s’il veut montrer beaucoup ou peu de sa peau, de son corps, de son être.

Carnaval des temps moderne: pendant cette soirée chacun peut être qui il veut. Je suis toi et tu es moi, nous sommes ensemble, en un même lieu, en un même moment, en un même son. Unisson fantastique de mouvements frénétiques et rythmiques… érotisme contrôlé, sensualité partagée, douce pornographie des corps qui se mélangent, des yeux qui se regardent et s’observent derrière les verres fumés des lunettes de soleil. Je regarde, tu regardes, on regarde, on se regarde, on est vus, mais pas reconnus.

Hier nous étions encore chez nous, en pyjama, en train de relaxer après une semaine de travail, en train de reprendre des forces pour cet unique dimanche de l’année, pour être prêt pour ces 12h de danse, où tous les êtres s’oublient et se laissent emporter par des rythmes sauvages, inconnus et incompréhensibles pour certains, doux, magiques et érotiques pour d’autres.

Qui es-tu ? Un avocat, un technicien Vidéotron, un danseur au 281, un postier, un ouvrier d’usine, un homme d’affaire. Qui suis-je ? Une esthéticienne, une personal trainer, une directrice générale des communications, une conductrice de bus, une professeure à Concordia, une informaticienne, une monteuse à la chaîne, une étudiante. Qui déciderons-nous d’être ce soir ? Un ange passe… en G-string, vêtu de ses deux seules ailes blanches et de ses bottes montantes assorties. Un Adonis en jean, torse nu, collier blanc et lunettes de plage. Une déesse du sexe, vêtue comme Lilou Dallas Multipass dans le 5ème élément. Une drag-queen d’un soir, chaussures compensées, 15 cm de talons, frou-frou et lunettes disco. Une fée distributrice de substances illicites…

Tout le monde est beau, c’est la soirée de l’année à Montréal, et tout le monde est beau, même moi ai ce droit ce soir là : tout le monde est beau, y compris moi. Ici tout le monde a la possibilité d’être beau à sa manière, ici tout le monde sourit, chacun a ses raisons et motivations pour être présent, mais tout le monde est réunit pour un même évènement, une communauté des sens, une communauté de beauté et de passion, une communauté hétérogène, mélange d’êtres humains qui sinon jamais ne seraient réunis ensemble en un même lieu et à une même heure.

Demain matin nous reviendrons chez nous, fantômes d’une nuit de beauté et d’érotisme, lunettes de soleil dans le métro, ouvrir la porte, entrer chez soi, ôter ses vêtements et accessoires magiques, ceux qui nous ont fait être quelqu’un d’autre le temps d’une nuit d’échappatoire et de rêve, aller dans son lit, ou bien remettre sa tenue quotidienne de travail, et repartir pour une autre semaine de travail, les pensées ailleurs, les oreilles encore bourdonnantes de ces décibels féériques, un sourire indécrochable malgré la fatigue. Vivement l’année prochaine que ça recommence.

Crescent Street. Jeudi soir. La journée des 5 à 7.

Concept unique et inconnu de moi avant de mettre un pied sur cette terre magique, le « Nouveau Monde  » qu’ils appelaient ça. Un nouveau monde… kind of. Dans une société où le travail est valorisé et où la majorité des gens travaillent beaucoup et sans compter les heures, la vie pourrait être triste et ennuyeuse. Mais si dans cette même société la fête, les réunions, la boisson et le temps de relaxation et d’oubli du travail sont aussi valorisés, alors la vie est loin d’être monotone et fatigante. Le jeudi, avant-dernière journée de travail, en sortant du bureau, il est temps d’aller prendre un verre ensemble, avec ses collègues, sorte de mini carnaval hebdomadaire où les rôles sociaux et professionnels habituels sont mis de côtés. Il y a deux heures tu te faisais appeler dans le bureau de ta chef directe pour te faire passer un savon pour avoir fait perdre 25.000$ à un client à cause d’un mauvais investissement. Maintenant tu trinques avec elle et vous faites des concours de bras de fer. Peu importe qui gagne ce soir, en ce même lieu, à cette même heure, demain est un autre jour où les rôles redeviendront ce qu’ils étaient.

Temps bâtard entre le loisir et le travail, temps personnel mais professionnel à la fois. Se réunir après avoir déjà passé 9 heures ensemble: « ça faisait tellement longtemps qu’on ne s’était pas vus »! Prendre des shooters ensemble, sentir l’alcool couler doucement dans nos veines, s’incruster dans notre sang et dans nos sens. Parler de tout, parler de rien. De soi? Pas trop. Des autres? Beaucoup. Du travail? Mmmmh, pas trop non plus. « -Tes enfants vont bien? -Oui merci, le plus grand entre au CEGEP dans un mois, il veut être informaticien. -Ah tiens! Mon aînée aussi, on devrait les matcher. -Et toi ma grande, ton chum te fait toujours des misères? -Aaaaah… je suis désolé, ça fait longtemps? -Ah donc tu es un cœur à prendre, on va bien réussir à te trouver quelqu’un au bureau, hehehe! -Bon, bah… ma femme va me remonter les bretelles si je ne rentre pas avant le souper, faque… j’m’en va chez nous, allez ma gang: bonne soirée hein! See you guys.

Momentos. N’importe quel vendredi soir. N’importe quelle période de l’année.

A l’intérieur, c’est les tropiques, au moins 45°C, des centaines de personnes collées les unes aux autres, transpirantes et dansantes aux rythmes effrénés d’Amérique du Sud. Merengue, Reggaeton, Bachata, Salsa, Cumbia, Vallenato, Tambores, Rock en Español… Délices du Sud et délices d’une saveur différente et caliente. Ici se réunit la jeunesse immigrante, avec comme objectif de se sentir au milieu de ses semblables tout en remémorant et en revivant son ancienne vie, là-bas, avant de partir ailleurs, loin, ici. Mélange perturbateur, mélange des cultures, le DJ tour à tour appelle chaque nationalité à se manifester… « -¿Donde están los colombianos? -¿los venezolanos? -¿los mexicanos? -¿los peruanos? -¿los cubanos? -¿los ticos? -¿y los chilenos? »… et voilà! ça y est! Le tour de l’Amérique du Sud est fait… Mmmmh… choix intéressant… et si on est « latino », mais pas de ces pays-là ? Alors il faut croire qu’on doit se taire et se fondre dans la masse, ou bien se sentir vraiment encore plus minoritaire que la sensation quotidienne que l’on peut ressentir en étant un étranger vivant déjà sur une terre « ajena »…

Etrangeté de la nature humaine que de toujours catégoriser et stéréotyper au maximum, il semble plus facile de réduire et de classer en catégories simplificatrices de la réalité sociale et culturelle plutôt que de respecter ces différences, pourtant réelles. Pourquoi chacun n’aurait pas le droit à son appel de présence, comme à l’école le matin. Imaginez la maitresse : « les Nicolas ? », et eux de répondre à l’unisson « présents », « les Nathalie ? », « les Dupont ? », « les Gonzalez ? », « les Ben Cherki ? », etc etc etc… Hehehe… c’est pousser un peu loin le bouchon j’avoue… mais quand même, je me demande comment se sentaient les Guatémaltèques ou les Brésiliens à Momentos…

Ah ! Je sais… ils ne venaient tout simplement pas ! Absence dont je me demande toujours aujourd’hui quelle était la raison. Parce que pendant la Copa America ou les Coupes du Monde de Football, alors là oui chaque nationalité apparaissait à Momentos, pendant la retransmission des matchs, chacun porte alors fièrement les couleurs de son pays… les brésiliens apparaissent… mais pas les guatémaltèques, mmmmh… et oui, leur équipe n’accède jamais aux premiers tours… mmmmh…

Minorité dans la minorité d’un continent qu’on pense homogène et similaire culturellement, d’où la notion de « latino »… Ne serait-ce que le fait que le Brésil parle portugais et non pas espagnol est tout de même déjà un grand fossé entre eux et les autres… Puis quand on y regarde de plus près, chaque pays est un individu fort de caractère, avec des modismes idiomatiques différents, entrainant parfois des confusions voire des incompréhensions entre mexicains et péruviens par exemple. Revenons à Momentos, où il fait toujours aussi chaud, chacun y va de son show personnel avec sa partenaire, retour en arrière et danse à deux, collés, serrés, le rythme les emporte en couple, et ils se laissent aller, tout en essayant d’impressionner la galerie. Tout un monde, celui qui danse le mieux, celui dont la novia est la plus belle, a le plus beau corps, est la plus intelligente et la plus gentille, luttes de pouvoir sur le dancefloor, les conflits se règlent à la danse, un peu à la IAM, le Mia Marseillais, et leur « tout s’arrangeait à la danse »…

La Dame à l’Âme

2 ans c’est à la fois court, long, presque intemporel… 24 mois qui se succèdent les uns aux autres, dans toute leurs différences et toute leurs ressemblances… De rêves en évolution, l’espoir on l’a tous, malgré ce pincement au cœur depuis ton départ… Ironie du sort, ce pays qui t’as enlevé à nous a depuis connu une révolution, un printemps arabe, une renaissance pleine de Liberté… J’aime à penser que tu avais laissé sur place la semence d’un espoir retrouvé, la graine merveilleuse d’un monde qui ose imaginer l’impossible et sait se dépasser, au-delà des limites imposées par des forces obscures cherchant à imposer une puissance acquise aux dépends des autres dans le déni du bien être de l’Autre…

J’aime à penser que depuis 2 ans tu te marres bien de nous voir, nous autres êtres humains, nous débattre avec notre propre destinée… Avec ton verre de coca et tes fraises tagada, habillée de ta plus belle robe en jean, celle-là même acheté à Dubaï ensemble, remember ?

2 ans… Que d’événements passés et que de choses à faire et à inventer encore pour une vie plus belle, plus souriante et plus heureuse… Des voyages, des soirées, des fous rires, des déménagements, des Dakar, des victoires, des rêves, des secrets, des échecs, des peurs, des rencontres, des amours, des anniversaires, des naissances, des rébellions, des joies, des livres, des changements de travail, des défis, des amitiés, des confidences, des retrouvailles, des pardons, des lectures, des départs, des divorces, des surprises, des remerciements, des films incroyables, des navets, des espoirs, des arrivées, des élections, des démissions, des crises, des chutes, des bébés, des mariages, des ruptures, des démissions, des retour à l’école, des photos, des miracles et des morts…

2 ans déjà et pourtant ta force vitale nous habite toujours, nous qui avons eu la chance de te croiser et que tu as su toucher de ton sourire franc, de ton regard curieux, de tes questions naïves et innocentes, de tes réflexions profondes et si juste… Sans faillir je sais que tu as aussi planté une graine fantastique de fleur de liberté et de champs de bonheur en chacun de nous, et je n’ai de cesse de regarder avec émerveillement les levers et les couchers de soleil et les ciels improbables que tu participes à nous envoyer pour nous rappeler à l’ordre : la Vie mérite d’être vécue sans complexe et sans gêne, sans honte et sans peur, mais bien avec sourire, avec espoir, avec rêves, avec bonheur…

Récoltées depuis 2 ans, voici les petits clin d’œil colorés que j’ai toujours capté en ton honneur, toi qui aura éternellement 32 ans…

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Trophée « Roses des Sables »

Le trophée « Roses des Sables » est un rally-raid aventure 100% féminin accessibles à toutes les femmes qui ont soif d’aventure, de découvertes et de dépassement de soi. Créé en 2001 par Jean-Jacques Rey, ancien pilote de Rally, et sa fille Géraldine, le rally compte aujourd’hui plus de 300 participantes. Ce rallye, sécuritaire et professionnel, est encadré par Desertours, leur société spécialisée en voyages aventure en 4×4, moto, VTT et quad.

Et comme en images c’est encore mieux, voici de quoi vous mettre en appétit :

Accessible à toutes, il suffit d’avoir plus de 18 ans ; de posséder un permis de conduire ; de constituer un équipage 4×4 ou buggy avec une pilote et une co-pilote ou un équipage d’une pilote seule en moto ou en quad ; et enfin de reunir les fonds nécessaires à une telle aventure, majoritairement au travers d’un sponsor : une PME, la mairie d’une ville, etc. ou encore en organisant des activités de financement.

Le rally prônent diverses valeurs importantes, parmi lesquelles : la solidarité entre les peuples. En effet :

  • Lorsqu’une Rose s’inscrit au Trophée, elle sait qu’elle a pour obligation d’apporter un minimum de 50 kg de matériel à destination des enfants du sud marocain.
  • En parallèle du Rallye sont organisées de nombreuses initiatives, comme par exemple : l’équipement d’un village isolé du désert 17 installations de panneaux photovoltaïques, le parrainage d’enfants, des consultations pédiatriques, etc.

Une autre valeur essentielle est le respect de l’environnement avec les initiatives suivantes :

  • La compensation des émissions de CO2 du Raid auprès d’un organisme;
  • Opération Désert Propre : utilisation de sac plastique oxo biodégradable;
  • Économies de papier : la totalité des Roads Books est imprimé sur du papier recyclé;
  • Le concours « eco responsable » qui incite les participantes à mener pendant le Raid une action en faveur de l’environnement, le meilleur projet se voit remettre un prix d’une valeur de 1000€.

Pour les plus curieuses, voici plus d’explications techniques, tirées du site officiel: « À bord d’un 4X4, d’un buggy, d’un quad ou d’une moto, l’objectif est de rallier l’étape du jour à l’aide d’un road-book, d’une carte et d’une boussole, en respectant les différents contrôles de passage (CP). La notion de vitesse n’est pas retenue. Le classement est basé sur deux critères principaux : l’orientation dans le désert et le franchissement des dunes. Le Trophée comporte plusieurs épreuves d’orientation, de franchissement des dunes, sans oublier la traditionnelle étape marathon (deux jours en autonomie totale). L’encadrement est assuré par une équipe de professionnels, avec un PC organisaton mobile et des moyens d’action que sont les véhicules d’assistance et l’hélicoptère d’intervention qui assure la logistique et la sécurité. Les étapes se concluent le soir par un bivouac organisé ou une nuit d’hôtel au départ et à l’arrivée. » Vous pouvez les suivre sur leur page Facebook « Trophée Roses des Sables« .

Maintenant que je vous ai mis l’eau à le bouche (en tous les cas je l’espère), j’ai le plaisir de vous offrir 10 invitations pour venir avec moi à la grande soirée de présentation de l’édition 2012 du Trophée Roses des Sables, qui aura lieu le jeudi 24 novembre aux Salons du Louvre à partir de 19h.

Pour se faire, rien de plus facile : envoyez-moi un email (elikxir@hotmail.com) en m’expliquant en quelques mots pourquoi vous êtes motivé(e)s à participer à cet événement, ainsi que vos noms, prénoms et email. Vous pouvez pousser un peu plus loin en me proposant un nom d’équipage ou une idée d’initiative humanitaire ou écologique !

Je donnerai le nom des 10 gagnants le jeudi 17 novembre à 17h !

D’âme à Rame

Bras ballants, courbé, alourdi par le poids des fardeaux invisible qu’il porte à même le dos, il monte à La Motte-Piquet-Grenelle, s’appuie contre la porte opposée, son regard fixe visant un point invisible. Dans sa main gauche, un cintre enveloppant un habit précieux, un costume endimanché, une parure qui lui est chère. Dans l’autre main, ses doigts s’agrippent fermement aux anses cordées d’un sac Nespresso au contenu plutôt lourd, une nouvelle machine pour agrémenter sa cuisine ou un nouvel accessoire pour offrir à la fille de sa cousine, qui se marie samedi. Ses bras sont lourds, aussi lourd que cette alliance qu’il porte toujours, incapable de se résoudre à l’abandonner. La ranger avec l’autre, la sienne, son double, dans un tiroir… impossible. Les vendre… impossible. Il a décidé de la garder au doigt, ne sachant quoi en faire d’autre. Il se dit qu’à leurs âges, ces dames comprendront que cela ne compte plus, ou plus vraiment de la même manière. Les promesses ont changé avec l’apparition des rides. Le visage hâlé, plutôt bel homme, seul ses yeux trahissent son désarroi et sa solitude. Les traits fins, plutôt « vieux beau », il se demande s’il y a encore une vie après l’amour, ou plutôt s’il y a encore de l’amour après la mort, ou inversement, enfin bref, il est confus, désemparé, il se demande… Ses chaussures en cuir noir brillent, il est en train de les « faire » de telle manière qu’il puisse danser sans souffrir samedi. Cela fait tellement longtemps qu’il n’a pas eu l’occasion, ou plutôt accepté l’invitation, d’aller à une fête et de pouvoir faire danser d’autres sextagénaires du sexe opposé. Un sourire en coin apparaît, ses yeux se plissent de manière imperceptible, puis tout aussi discrètement, ses traits se froissent, le rictus se rigidifie, ai-je le droit d’avoir envie de danser avec quelqu’un d’autre qu’elle ? Saint-Sébastien Froissart. Il descend. Fin de notre altercation virtuelle et invisible au carrefour d’un wagon de métro et de deux vies. Nos chemins se séparent de nouveau, nos pas s’en vont chacun dans leur direction, ni opposées, ni perpendiculaires, juste différentes. Adieu Monsieur Nespresso, merci pour ce moment futile et imperceptible, merci d’être et merci d’avoir nourri mon imagination en quête d’aventures intérieures improbables.

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