Message de Service

Pour celles et ceux qui ont encore un peu d’énergie pour lire une énième réaction aux évènements de cette semaine…

Et sinon : quand est-ce qu’on arrête d’être hypocritement hyper-sensible, hyper-susceptible et hyper-réactif à la moindre info ou déclaration publique ? Et surtout, quand est-ce qu’on arrête d’être incohérents ? Cela fait plusieurs jours que je bouillonne, au-delà du choc, de la tristesse, de la colère, de la peur (et de toutes autres émotions et sentiments liés directement aux évènements survenus en France depuis mercredi matin).

Dans ma définition personnelle, se clamer « Charlie » signifie d’abord et avant tout : « je suis un être humain et je suis pour la liberté d’expression, coûte que coûte et quel que soit le message exprimé ou la forme qu’il prend ». Pour en rajouter une couche, j’aurais même tendance à penser qu’un Charlie (version activiste) se battrait publiquement, quitte à prendre des risques, pour défendre ce droit fondamental de l’humanité. Cela s’appelle une opinion, un engagement, voire même un combat, non ? Apriori, l’Histoire nous montre que le monde est fait d’êtres humains qui ont une opinion (ou pas), qui s’engagent (ou pas) et qui combattent (ou pas).

Il n’y a pas qu’une seule définition de #JeSuisCharlie, et c’est tant mieux, au moins comme ça chacun peut mettre ce qu’il veut dedans, en fonction de ce qu’il souhaite apporter au monde, à son niveau et à sa mesure. Et c’est parfait ainsi. Mais justement, est-ce que chacun pourrait faire une pause et prendre du recul par rapport à son vécu émotionnel et instinctif ? Pour quoi faire ? Et bien pour réfléchir à ce que cela signifie pour soi, dans sa vie quotidienne et à partir d’aujourd’hui, de vivre dans ce monde, aujourd’hui, au milieu de toutes ces divergences et différences d’opinions, d’engagements et de combats ?

Oui, il y a eu de beaux élans humanistes, populaires, politiques, magnifiques, magiques, intenses, avec des licornes et des arc-en-ciel dedans, et que c’est bon, et que ça sent l’amour et la liberté. C’est top ! Mais à quoi bon si demain tout recommence, et si personne ne se pose des questions par rapport à soi-même dans un premier temps. Après tout, c’est plutôt sympa d’imaginer un monde où chacun apprend et évolue, dans le sens qu’il veut et au rythme qu’il veut, non ?

Quelles questions se poser ? Je n’en sais rien, chacun fait comme il le souhaite, mais moi je commencerai au hasard par : c’est quoi la liberté d’expression ? pourquoi est-ce un droit fondamental (ou pas) ? est-ce que je suis pour ? est-ce que je veux le défendre ? si oui, jusqu’à quel point et de quelle(s) manière(s) ? si c’est mon choix, comment puis-je devenir dans mes gestes du quotidien une graine de Charlie ? est-ce un combat que je veux mener ou bien je préfère ne pas m’engager (et j’en ai le droit) ou encore m’engager pour d’autres causes (et j’en ai le droit) telles que : les animaux, la planète, les enfants-travailleurs, les réfugiés de guerre, les sans domiciles fixes, le trafic d’êtres humains, la déforestation, un parti politique, une religion, etc.

De mon point de vue, il n’y a pas de sot combat, ni de combat qui soit trop petit ni trop grand. De mon point de vue, chacun fait comme il le peut, au moment où il le peut. De mon point de vue, on a autant le droit de s’engager que de ne pas s’engager du tout, en acceptant qu’il existe tout un spectre de couleurs entre ces deux positions extrêmes du tout ou du rien. De mon point de vue, on a le droit de choisir ses combats, de les assumer et de les promouvoir. De mon point de vue, on a le droit de tout, si on donne aux autres le droit à tout. Mais ça, c’est une position difficile à tenir 100% du temps, on peut se l’accorder. On s’est tous déjà retrouvés face à un discours, un évènement ou une opinion qui nous choquent, qui nous gênent ou qui nous touchent au plus profond de notre être, et surtout avec lesquels nous ne sommes pas d’accord. Mais que faire alors ? L’interdire ? Partir ? Tuer son auteur ? Ne rien dire ? Débattre ? Combattre ? Bref, je m’éloigne de mon propos.

Au minimum, si on se déclare « défenseur de la liberté d’expression », alors arrêtons de nous offusquer du moindre blabla qui serait en dehors de notre propre vision de ce qui est bien ou mal dans une approche purement dichotomique de la vie. Ou bien, ne nous déclarons pas défenseur de ce droit, et là oui : lâchons-vous avec ferveur, véhémence et violence envers les déclarations que les Dieudonné, les Le Pen & Co., les Bedos de ce monde, parce qu’ils n’auraient pas le droit de dire ce qu’ils souhaitent dire.

Si vous pensez sincèrement que les caricaturistes de Charlie Hebdo avaient le droit fondamental de dessiner ce qu’ils dessinaient, sans devoir mourir pour cela, alors à partir d’aujourd’hui vous devriez participer à la création d’un nouvel espace public où règne le droit infini et inaliénable à la liberté d’expression. Ne vous en déplaise si toutes les déclarations médiatiques n’entrent pas dans votre propre carte du monde, voire vous mettent en colère ou vous paraissent abjectes.

Mais au lieu de s’observer soi-même, de se positionner soi-même, de se poser des questions à soi-même, quitte à en parler ou en débattre publiquement ou pas (de mon point de vue, on a le droit aussi à avoir des opinions privées sur lesquelles on refuse de communiquer), il est devenu bien plus facile d’être bien pensant à jugeant, critiquant et montrant du doigt les autres. Quelque part, je me dis que si l’on devenait chacun son propre prophète, déjà on apprendrait à mieux s’assumer soi-même, à plus s’aimer soi-même, et ainsi devenir plus bienveillant, tolérant et aimant également envers les autres.

J’ai beaucoup hésité à écrire quelque chose. Parce que je sais que le sujet est sensible, et pourrait être mal interprété. Car oui, depuis mercredi, on est #JeSuisCharlie ou on est #JeNeSuisPasCharlie, et le combat entre les deux fait rage. Pas d’entre deux, pas de possibilité d’émettre une opinion qui n’irait pas dans le sens des bisounours, de l’accueil inconditionnel de l’autre et de l’amour universel. Là, vous la voyez l’incongruence qui me fait bouillonner ? Tu parles d’une pression sociale société qui autorise la liberté de penser et de s’exprimer !

Cette approche manichéenne, où ne coexistent que the bien et the mal est justement celle sur laquelle se basent les principales religions, à grand renfort de paradis et d’enfer, de dieux et de diable, de pour ou de contre, de croyant ou de non croyant, de péché ou de vertu, etc. Créant des valeurs supposément universelles, mais surtout que l’on ne doit ô grand jamais remettre en question. De mon point de vue, l’humanité gagnerait à devenir plus nuancée, mais surtout à accepter que chacun est libre de ses choix, de ses déclarations, de ses combats.

J’ai également hésité à écrire quelque chose parce que chacun y était déjà allé de sa participation et que je n’avais pas forcément envie de participer. Puis je me suis rappelée de ce que j’avais justement envie de transmettre comme message : j’ai le droit de dire ce que je veux (je suis moi), et vous avez le droit de réagir comme vous le voulez (tu es toi), et surtout : chacun a le droit de continuer à vivre sa vie comme il l’entend, quitte à continuer à être incongruent et heureux ;) En conclusion : faites comme bon vous semble, si possible en étant conscient de vos choix, de vos opinions et de vos combats. De mon point de vue, et même si c’est à plus ou moins grande échelle, nous impactons toutes et tous le monde dans lequel nous vivons, au travers de notre existence et que nous soyons vivants.. ou morts.

#Merci #Bisous

En passant

Point Bullshit

http://www.boardgameguru.co.uk/the-fall-of-france-11504-p.asp

Jeux de société « The Fall of France »

Depuis ce matin je bouillonne. L’objet de ma colère ? Un article intitulé « The Fall of France » écrit par Janine di Giovanni paru dans Newsweek le 3 janvier 2014 qui prétend offrir un portrait de la France dans son déclin actuel.

PORTRAIT. Actuellement rédactrice en chef « Moyen-Orient » pour Newsweek, Mme di Giovanni est une journaliste de guerre née aux États-Unis. D’après Wikipedia (consulté le 05/01/2014 à 16h30), c’est « l’une des journalistes les plus respectées et les plus expérimentées d’Europe, avec une vaste expérience de couverture de la guerre et du conflit. Son journalisme a été qualifié de « brillant, posé, accompli » et elle est citée comme le meilleur correspondant étranger de notre génération ». Elle a quitté le quartier de Notting Hill à Londres il y a 10 ans pour s’installer à côté du jardin du Luxembourg à Paris après s’être mariée avec un français.

AFFLIGEANT. Dans sa forme, dans son manque d’explications des faits, dans les raccourcis utilisés et surtout dans le point de vue offert : monoculaire et loin d’un journalisme informé et factuel. Je ne remets pas en question la qualité et le professionnalisme de Mme di Giovanni en tant que journaliste de guerre, cependant, je ne suis pas certaine que son analyse soit des plus raffinées concernant le déclin actuel de la France. Je ne peux m’empêcher de penser qu’elle devrait rester dans son domaine de compétences ou faire un vrai travail de journalisme avant d’écrire sur autre chose que la guerre ou les conflits. Par contre, son intervention pourrait être pertinente si un jour on voit Paris sous les bombes, mais on serait tout de même encore loin à mon avis de l’exil des Huguenots suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 (enfin je crois, après tout je ne suis pas historienne).

PARENTHÈSE. Je suis consciente que cela ouvre un débat complexe sur la légitimité de la prise de parole en public, débat tendancieux, voire même dangereux. N’ayant aucune autorité en la matière, je parle en tant que citoyenne française froissée par cette pseudo analyse socio-économico-culturelle de mon pays. Certes, en tant qu’expatriée en France, Mme di Giovanni pourrait offrir un point de vue objectif, voire même novateur. Mais non. Impossible quand on n’observe une réalité qu’au travers de sa lorgnette, depuis le balcon de son appartement du 6ème arrondissement et ce après quelques discussions sociales avec des amis n’appartenant qu’à une seule et unique couche socio-économique. En l’occurrence ici cette couche est dite « élevée » mais pour moi cela poserait le même problème d’unicité des points de vue s’il en avait été autrement.

MÉDIOCRE. Médiocre car écrit par une correspondante de guerre, apriori excellente journaliste, et qui pourtant, nous offre une vision de la France mal informée, mal documentée et mal recherchée. Par exemple, Mme di Giovanni, j’aurais a-do-ré que vous expliquiez en quoi et comment les mondes politiques français et américain ne peuvent pas être comparés à coup de gauche = democrat = liberal Vs. droite = republican = conservative. You, of all people ! How could you make such a shortcut, denying national and international political sciences their own history ! Sur le même principe, ne savez-vous donc pas que le terme « socialism » tel qu’utilisé par la majorité des américains en anglais n’est pas non plus comparable au mot « socialisme » tel qu’utilisé en français par les français ? Et oui, c’est tout le problème de l’interculturalité… Quelle chose complexe ! Il y a la nationalité, la langue, la culture, l’histoire, la compréhension interculturelle, la culture professionnelle, économique, sociale, les identités culturelles, etc. Certes, le cerveau humain, pour traiter les milliers d’informations perçues dans l’environnement, a besoin de créer des catégories pour les ranger et les réutiliser, c’est même au travers de ce processus qui se créent les stéréotypes (je me permets d’utiliser des raccourcis moi aussi). Mais ces stéréotypes ne deviennent dangereux ou mal intentionnés qu’à partir du moment où ils sont véhiculés et vécus comme des préjugés, or, cet article véhicule des idées et des faits sans explication, sans complexité, sans profondeur ; « faits » qui vont être lus, ingurgités et pris comme réels par les lecteurs à qui l’on n’a pas offert un portrait plus réaliste, plus complexe, plus détaillé de la réalité française actuelle. Mais bon, entre nous, ces détails comptent peu, n’est-ce pas ? Restons globaux, c’est plus facile, plus lisible. D’ailleurs, « La chute de la France » est un beau titre, accrocheur, vendeur, racoleur, la totale : bravo.

MENSONGER. Si seulement l’auteure avait écrit cet article comme un article d’opinion, alors oui : donnez votre point de vue, il est vôtre, c’est comme les sentiments, les goûts et les couleurs, ça se discute difficilement, ou juste pour le plaisir de la joute oratoire. Mais, là, il s’agit d’un texte érigé en article informatif de la situation actuelle de la France. Se permettre d’écrire sur un média public aussi lu en s’érigeant « autorité expatriée locale »… Je trouve cela du plus mauvais goût. J’apprends donc, entre autres, que 1/2 litre de lait vaut 4$ US à Paris : soit le taux de change est erroné, soit nous ne vivons pas dans le même monde (OH WAIT !); que la majorité des français payent plus de 70% d’impôts (LOL !) ; que les meilleurs talents sont partis de France et qu’il ne reste que la médiocrité (MERCI !) ; ou encore même que les français n’aiment pas parler anglais (I’m amazed I was even able to understand your article, madam)… Encore une fois, quel dommage d’avoir été aussi rapide en conclusions et aussi avare en explications, parce que ce que vous dites est en partie réel et juste, mais présenté d’une manière si fallacieuse et si mensongère qu’elle est, pour moi, inacceptable de la part d’une personnalité publique comme vous, à l’intelligence, la finesse, l’analyse et l’écriture si développées. Donc par exemple, moi (en tant que française vivant en France), je sais que vous faites référence à l’imposition à 75% des revenus supérieurs à un million d’euros. Mais pour mon ami Jorge qui habite au Mexique ou mon ancien collègue John qui habite en Australie, qu’en est-il ? Et bien, je vous félicite : ils viennent de retenir que la France taxe ses habitants entre 70 et 75% ! (BISOUS !). Donc, entre les minables qui gagnent moins de 5000€ et les médiocres qui sont encore en France (question philosophique bonus : sont-ils restés par stupidité, par pauvreté, par manque de talent ?), en effet ces français : quelle bande de pauvres cons ! Heureusement : il nous reste le métro pour vivre des moments de grâce et des SDF avec qui taper la causette en polonais…

DANGEREUX. Dangereux, car cela ne peut que renforcer un peu plus la blaguounette facile et très stéréotypée des français visant à montrer la débilité latente des américains, que je ne cautionne pas : des cons, des débiles, des chiants, des grands, des gros, des méchants, des gentils, des bienpensants, il y en a dans tous les pays. Malvenu également : qu’en est-il de la responsabilité publique de celui qui écrit sur un média d’envergure internationale accessible au plus grand nombre, car passé au tout numérique depuis décembre 2012 ? Quel dommage de diffuser une telle image de la France, erronée et n’offrant qu’un seul point de vue biaisé par sa propre souffrance, réelle, certes. Dès lors, que penser de la qualité et de la véracité des autres articles publiés par Newsweek sur d’autres pays… ? Je vous laisse y réfléchir.

TRISTE. Oui, je suis attristée par cet article pour une raison complexe et insoupçonnée. On peut se plaindre du French Bashing (dénigrement de la France) autant qu’on veut, nous en sommes la principale source ! Cet article montre que nous-mêmes, français, ne sommes pas capables de faire autre chose que de nous plaindre de ce qui est, sans pour autant essayer d’y changer quoi que se soit. Et cela vaut aussi bien pour les soirées de l’ambassadeur qu’au bistrot du coin ou encore à la réunion de professeurs des écoles du mardi soir. Pour rester dans les stéréotypes grossiers et malvenus : que cela soit Charles-André ou Xavière (avec du champagne), Roger ou Monique (avec de la bière) ou encore Jean-Paul ou Nathalie (avec du vin rouge) , le discours est le même dans le fond : la situation est catastrophique, on court à notre perte, on nous abuse, on nous vole, on nous prend tout… Et chacun mettra le mot qu’il préfère derrière ce « on » : les riches, les dirigeants politiques, les étrangers, les pauvres, etc. Tout le monde y prend pour son grade, et son voisin est toujours mieux loti que soi, évidemment. Ce manque de discernement généralisé et cette vision étroite et nombriliste, c’est peut-être cela que cet article incarne le mieux finalement. Quelle tristesse.

ET MOI, ET MOI, ET MOI ! Je me permets donc, en bonus, d’offrir MON point de vue sur la France, à partir de MA lorgnette d’ex-expatriée française revenue au pays pour tenter d’entreprendre et de créer en dépit des difficultés, réelles et profondes que connait la France.

OUI, la France est un pays en déclin économique, politique, social et culturel… Il serait temps d’accepter cette réalité, au lieu de continuer à surfer les yeux fermés sur la vague obsolète de notre grandeur et de notre rayonnement. Il est toujours plus facile de dépasser les obstacles quand on accepte d’abord leur existence.

OUI, la France est dans une phase de morosité et de doute concernant l’avenir… C’est ce qui provoque, entre autres, de nombreux élans individuels de retour vers ce qui est connu, confortable, reconnaissable (une famille, un métier, une religion, une cause) ; la prise de risque est dévalorisée et conspuée, le changement n’en parlons pas !

OUI, la France n’a pas encore trouvé une culture économique qui lui soit propre et qui lui offre modèle propice au développement exponentiel de ses potentiels et à l’utilisation bénéfique de ses ressources naturelles et humaines… Consultons et apprenons ! Créons et innovons ! Débattons ensemble ! Observons d’autres modèles (au-delà du modèle allemand bitte schön) !

OUI, la France connait une fuite de ses citoyens, et ce toutes classes et tous « cerveaux » confondus… La richesse de la France tient dans sa diversité, dans son hétérogénéité, dans la multitude de ses origines, idées, pensées, etc. Nous pouvons donc encore faire beaucoup de belles choses avec « ceux qui restent » et « ceux qui veulent venir participer ».

OUI, la France est un pays innovant, à l’esprit entrepreneurial fort et aux talents aussi développés que dans les autres pays… Nous n’avons pas encore appris à valoriser et encourager ces initiatives de manière efficiente, constructive et durable.

OUI, la France n’a pas une politique intérieure fonctionnelle d’aide et de soutien économique et culturelle aux entrepreneurs, penseurs, chercheurs, inventeurs, génies, savants fous, jeunes dynamiques, doux rêveurs, originaux, créateurs… Peu importe les explications historiques, sociologiques ou culturelles, il serait peut-être temps de se confronter à cette problématique.

OUI, la France est en quête d’une nouvelle identité et d’une vision commune… On ne peut pas être tous d’accords sur tout, mais peut-être pourrions-nous commencer par poser quelques bases communes et solides autour des atouts incontournables de notre pays : ses ressources naturelles et humaines, sa géographie et son histoire culturellement riches, sa capacité d’innovation, son esprit révolutionnaire, et surtout : sa culture de solidarité. Si, si, j’insiste.

OUI, la France ne valorise pas l’entrepreneur (ni l’intrapreneur d’ailleurs)… elle ne le définit même pas correctement ! Il y a les charges sociales, les impôts, la protection sociale faible, mais pas que, il y a aussi l’isolement social et économique (accès à la location ou prêt bancaire), la non reconnaissance, la non compréhension d’un métier à part entière avec ses propres particularités et besoins, etc.

OUI, la France n’apprend pas aux français à faire la différence entre être un dirigeant et être un entrepreneur… Or, on peut être l’un sans être l’autre. La vision du dirigeant dans l’inconscient collectif est souvent celle du vilain-méchant qui profite de tout et de tous, forcément riche, assoiffé de pouvoir et marchant sur les autres pour réussir. Il serait peut-être temps d’ouvrir le champ des possibles à la multitude de style de direction et de style d’entrepreneurs.

OUI, la France est perdue et désorientée… Perdue dans les faux débats où nos hommes politiques ayant environ 8 ans d’âge mental ne pensent qu’à asseoir leur pouvoir sur les autres, plutôt que de garder l’esprit ouvert et de penser au mieux-être individuel et collectif. Si nos dirigeants politiques ne montrent pas l’exemple, il parait difficile de se vivre comme une nation fière d’elle-même et d’aller de l’avant.

OUI, la France est un pays de râleurs et de critiques incessantes… Et alors ? Optimisons nos atouts et faisons-en une force plutôt qu’un défaut dont nous sommes la risée à l’international. Utilisons ces qualités pour aller de l’avant, imaginer d’autres possibilités, remettre en question, créer de la nouveauté, inventer notre futur, ici et maintenant.

OUI, la France peut (re)devenir un pays où ses habitants se sentent libres (de rêver, d’oser, de penser, de créer), égaux (devant leurs chances, devant leur éducation, devant le champ des possibles) et fraternels (solidaires, ouverts à la différence, tolérants).

À PROPOS DE L’AUTEUR. Je m’appelle Chloé, j’ai 32 ans. Je suis franco-argentine, née à Paris, entre mes 20 ans et mes 30 ans j’ai été expatriée à Montréal (5 ans) et à Dubaï (2 ans). J’ai une formation académique qui a couvert l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, la recherche qualitative (études de terrain et ethnographie), le management interculturel, l’information et la communication organisationnelle. J’ai travaillé dans la restauration, l’évènementiel sportif, la recherche académique, le marketing, la communication et la stratégie de développement d’affaires à l’international. Après beaucoup d’hésitations, j’ai décidé de rentrer en France pour créer mon activité professionnelle, aujourd’hui je suis coach d’entrepreneur à mon compte. Oui, le retour a été violent (et il l’est parfois encore) mais je m’accroche, la multitude des modèles que j’ai pu observer de par le monde m’offre de l’espoir pour la France et surtout encore l’envie de participer à la définition de notre modèle unique. J’ai la vision d’un monde où chacun peut s’autoriser à rêver et à oser trouver les ressources nécessaires dans son réseau naturel et social (en ligne et hors ligne). De mon point de vue, La Nature est Généreuse. J’ai également la conviction intime que l’on peut tous participer au changement, pas à pas et à son niveau, action après action. Et ceci est, de mon point de vue, une action, sous forme de coup de gueule et de wake up call. Et si mon idéalisme utopique vous fait doucement sourire, demandez-vous d’abord ce qui vous touche et ce qui parle en vous à ce moment-là et ce que cela signifie pour vous. (BISOUS !).

Bienvenue aux Femmes sur Twitter !

On le sait, Twitter sait s’enflammer et faire sauter la baraque sur des sujets divers et variés (parfois pour peu, je vous l’accorde) mais pour une fois je vais y participer pleinement et en y mettant toute mon énergie ! Il faut de tout pour faire un monde, mais il a des limites au foutage de gueule et au discours destructeurs qui font resurgir des idées et des pensée d’un autre temps.

Quelle est le sujet de ma prise de parole véhémente ? Une vidéo de 3min53 publiée le 7 février 2012 (après JC, je précise) intitulée « Twitter et les femmes, par AuFeminin.com » et publiée dans la série « Les vidéos du succès de PPC & HK » (que j’apprécie habituellement beaucoup). Jusque là, tout va bien, le sujet m’intéresse. Je regarde la vidéo (et là vous faites pareil).

Le contenu de cette vidéo ? Une interview exclusive de Marie-Laure Sauty de Chalon, Présidente de AuFéminin.com, pour répondre à la question : « Les 7 raisons qui font que les femmes tweetent moins que les hommes ». Et là déjà, dès la 15ème seconde, le bât blesse… En effet, et comme le rappelle si bien @Poupimali dans son article « AuFeminin.com et l’archaïsme 2.0 » : en moyenne les femmes tweetent plus, sont plus populaires et suivent plus de personnes que les hommes. Je rajoute à cela qu’à priori, le profil type de l’utilisateur français de Twitter serait une Femme de moins de 34 ans, CSP+ et parisienne. Après avoir farfouillé divers infographies et données statistiques, la statistique la plus récente qui me semble représenter la réalité est que 10% des hommes-internautes sont sur Twitter, alors que 5% des femmes-internautes le sont.

Bon, à la limite, passons, car de toute manière le festival d’élucubrations est loin d’être terminé.

Je vous propose une petite analyse de texte, en mode simili-sémiologie ou méta-communication (on m’a dit que les gros mots ça fait bien, en France…). Je tiens à préciser qu’en retranscrivant l’interview, on réalise que les les phrases sont incomplètes et du coup font hésiter sur le sens… Mais pas tant que ça non plus ;) Ci-dessous une tentative de traduction, j’espère avoir été fidèle à la pensée de Marie-Laure Sauty de Chalon :

1) La peur d’oser : une appréhension à franchir le premier pas face au côté un peu « geek » de Twitter (comprendre : le geek est un homme, et les femmes ont peur… de l’ordinateur ? ou bien de l’homme ? ou encore du geek ? Mince, je suis perdue !).

2) L’éloquence : les garçons savent parler de manière improvisée et concise (comprendre : les filles ont peur et/ou ne savent pas s’exprimer correctement en public…).

3) L’esprit de compétition : sur Twitter on compte les followers et… il faut aller vite, ce que n’aime pas les femmes, la preuve dans le sport (heing ?) la seule compétition que les femmes s’inventent est celle de la perfection physique (les femmes préfèrent donc se crêper le chignon en s’arrachant leur sac-à-main Gucci pour arriver en haut du podium de l’élection Miss Camping 2012).

4) L’impossible anonymat, un frein à l’expression : les femmes préfèrent s’exprimer derrière des pseudonymes en étant cachées… (comprendre : sur Twitter, on est obligés de mettre sa photo contractuelle et l’anonymat est impossible… Ce qui est faux. Qui plus est, cette explication est invalidée par l’exemple de Facebook, où autant d’hommes que de femmes sont inscrits, et que par définition les gens utilisent en leur nom propre et sous leur réelle identité).

5) L’expression Monothématique : en 140 caractères on ne peut aborder qu’un seul sujet (le sachiez-tu ?!) or les femmes aiment parler à torts et à travers de plusieurs sujets en même temps (comprendre : l’expression monothématique nous est impossible) par contre (attention, ici : saut de logique implacable) les femmes faisant toujours plusieurs activités à la fois (en plus de parler de plein de sujets en même temps… ouhlala on est fortiches) mais tweeter en plus là c’est trop (c’est vrai qu’il serait dommage de mettre l’iPhone au four pendant qu’on repasse les fesses de bébés tout en téléphonant à Sarkozy « par inadvertance »…).

6) Le manque de sensualité : sur Facebook il y a un environnement (comprendre : pas d’environnement sur Twitter), des photos (comprendre : pas de photos sur Twitter), un truc (comprendre : pas de truc sur Twitter), alors que Twitter c’est sec, froid et clinique et donc pas très féminin (comprendre : les Hommes aiment le froid, le sec, le clinique… Oh oui, opère-moi !).

7) Les 140 caractères : les femmes aiment parler sur leur téléphone mobile, donc il leur est difficile de s’exprimer (à l’écrit) de manière concise, alors pourquoi vouloir nous limiter ? (et là j’entends Arlette : on nous spolie, on nous ment !).

Voila voila voila… J’utilise mon Joker concernant la présence en mode « apothéose finale » de cet invité de taille reconnu in-ter-na-tio-nal-ly pour sa misogynie son apport à la cause de la femme… Je vous laisse également apprécier par vous mêmes les a priori incroyablement sexistes et machistes contenus dans cette vidéo, à l’encontre des femmes… et des hommes ! J’en connais certains qui seraient heureux de se voir décrits comme des gros geek monotaskeurs froids secs et assoiffés du followers :) Je pense notamment à @mercredi_c_papa ou @LaurentNetTweet.

Aaaaaah !! Mais on me dit dans l’oreillette qu’une réponse a été publiée par Marie-Laure : « Les femmes sont-elles différentes ? » et qu’elle a même posté un tweet d’explication… (Attendez, je lis… vous aussi pas vrai ?) …………….. (7 anges passent) ………… Mouais, l’article ne me convainc pas plus que ça, je trouve qu’il détourne le sujet sur un autre sujet, tout aussi important pourtant. Il me parait évident que les Hommes et les Femmes ont des valeurs communes et des valeurs différentes.. So what concernant la présence sur Twitter ?! Par contre je trouve votre tweet bien plus explicatif et censé (même si, justement, je suis contre l’utilisation de logiciels comme TwitLonger qui faussent la règle des 140 caractères, on peut écrire plusieurs tweets de suite, c’est tout aussi compréhensible). L’un dans l’autre, je vais dans le même sens que vous concernant la nécessité d’évangélisation pédagogique de Twitter (et autres réseaux et médias sociaux) auprès des femmes (et des hommes), j’en ai même fait mon métier tiens tellement ça me parle !

Je pense qu’il existe différents types de femmes, aux valeurs différentes elles aussi (mince, n’appelle-t-on pas cela des in-di-vi-dus ?!) et je respecte l’existence toutes (et de tous), c’est ce qui fait la beauté d’une Civilisation Humanité, n’est-ce pas ? J’imagine également que beaucoup de femmes consultent le site aufeminin.com pour d’excellentes raisons et qu’elles y trouvent leur bonheur. Par contre je crois que Marie-Laure a oublié de descendre de sa tour de nacre brillante comme des diamants décorée d’étoffes en taffetas rose depuis trop longtemps… Ou tout simplement qu’elle a oublié qu’elle parlait sur un média public de grande diffusion (YouTube = plus d’1 milliards d’utilisateurs). D’ailleurs, j’ai même hésité à cliquer sur « Voulez-vous signaler cette vidéo comme pouvant offenser les internautes ? » car personnellement, en tant qu’Internaute (et Twittas !) je me sens particulièrement offensée par ces propos venant d’une supposée représentante des femmes 2.0. Je vous fais également remarquer que cette vidéo a été classée dans la catégorie « éducation »… Bizarrement je me sens plus bête qu’avant de l’avoir vue, et en bonus cela me rappelle les publicités « Moulinex : libère la femme » ou encore Seb qui disait fièrement : « Monsieur, vous qui aimez la bonne cuisine, offrez-lui une super cocotte ».

Guess what ?! Moi ma super cocotte à moi, justement : c’est Twitter ! Lieu d’information, d’échanges et de partage par excellence, j’y passe beaucoup trop de temps de manière à la fois didactique et humoristique, or, qui dit mieux que d’apprendre en riant ? C’est également une source de rencontres enrichissantes, de débats critiques et passionnés, et enfin, une des raisons principales de mon amour pour Twitter vient notamment de la délicatesse et de l’éloquence concise liée à l’amour des bons mots et du beau verbe ! Contrairement à ce qui est dit dans la vidéo, je trouve Twitter d’une sensualité élevée, de par ces jeux des mots constants, ces joutes verbales en 140 caractères, ce challenge de l’expression concise et respectueuse de la langue.

Pour celles et ceux qui ne le savent pas déjà, la question de l’égalité homme/femme est un sujet qui m’intéresse, pour diverses raisons comme par exemple le fait d’avoir été une cadre supérieure dans une industrie « typiquement » masculine, ou le fait d’avoir habité 2 ans au Moyen-Orient pour développer une activité commerciale ou encore le fait que je suis depuis toujours baignée dans des milieux sportifs à dominante masculine. J’ai assisté à plusieurs forums et salons dédiés aux problématiques sociales et professionnelles rencontrées par les femmes dans un monde dominé par un modèle patriarcal. Et ce que j’entends dans les débats entre femmes est majoritairement bien plus stéréotypé sur elles-mêmes et sur les hommes qu’ailleurs. Ce qui parait complètement paradoxal, et pourtant assez proche des propos de la vidéo, que je me permets de juger comme : insultante étonnante paradoxale, donc.

En conclusion, chère Madame Marie-Laure Sauty de Chalon, je veux bien croire que votre volonté n’était pas d’offenser les femmes (twittas ou pas) mais je vous reproche d’avoir choisi ces mots et cette méthode réductrice pour parler d’une problématique fondamentalement complexe. À aucun moment vous n’avez mentionné dans l’interview que vous parliez « au nom de vos lectrices interrogées dans vos forums », on comprend donc que vous parlez en votre nom propre. La prise de parole publique est un exercice périlleux, d’autant plus depuis l’existence de Twitter, média intellectualisant et certes impitoyable, et je reconnais que vous avez le courage de vous excusez et de reconnaître votre maladresse. Malheureusement je reste malgré tout sur une impression amère qui ne fait que confirmer ce que je pensais déjà vrai :  le pire ennemi de la Femme dans sa quête d’égalité est… la Femme. Pour moi le discours de cette vidéo est une honteuse régression archaïque pour l’image de la femme, mais également pour tous les utilisateurs de Twitter, hommes et femmes confondus. Avant de parler publiquement et de manière presque inintelligible des « 7 raisons qui font que les femmes tweetent moins que les hommes » je crois que j’aurais tourné 7 fois mon tweet ma langue dans mon four dans ma bouche.

Aux hommes et aux femmes qui liront cet article, si Twitter vous intrigue : créez-vous un compte, observer quelque temps, demandez des conseils à des gens qui connaissent déjà, puis jetez-vous à l’eau et essayez par vous-même ! Que votre profil soit anonyme ou non, peu importe, si l’outil vous est utile à quelque chose (veille, partage, échanges, rencontres, débats, lecture, écriture, etc.) alors gardez-le, la bonne nouvelle c’est que vous suivez qui vous voulez et vous êtes suivis par ceux qui apprécient ce que vous racontez ! Au pire : la désactivation d’un compte prend 5 secondes.

Bisous <3

Restons-en là !

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un phénomène étrange qui continue de me tarauder, et ce, malgré les années et les expériences qui défilent. Je parle de la fâcheuse tendance qu’ont certaines personnes à offrir une disparition silencieuse en guise de rupture. J’ai bien réfléchi au sujet, j’ai demandé autour de moi, j’ai lu un peu de littérature sur le sujet, et j’en tire au moins une conclusion : en 2011, on pourrait croire en une certaine évolution des mœurs et une maturation dans les relations amoureuses, mais non : les gens continuent à disparaitre de la vie de l’autre sans rien dire pour « faire comprendre » que l’histoire est terminée.

DE LA DOULEUR D’ÉGO. Pour l’avoir subi il y a peu, je dois avouer que je suis offusquée et en colère, mais peut-être pas pour les raisons que vous pensez… Oui, c’est moins mon cœur qui a souffert que mon égo, vous savez, cette petite chose que l’on met des années à construire, à nourrir et à entretenir pour réussir à avoir confiance en soi et à avancer dans la vie ? Et c’est là-dessus que j’aimerais faire passer un message. Disparaitre en silence de la vie de quelqu’un avec qui on avait une relation d’ordre romantique, c’est pire que d’abandonner un chien sur une aire d’autoroute, parce que Rex, quand on le laisse, je suis assez certaine qu’on lui fait une dernière tapote sur la tête avant de remonter en voiture et partir. Placé dans cette situation, une fois qu’on a bien vérifié que l’autre est vivant (l’étape du doute), et qu’on a donc compris qu’on a été vulgairement « oublié(e) », on se sent littéralement placé au niveau d’un animal, voire encore pire. On n’a même pas le droit au minimum humain vital : communication, respect et reconnaissance. Alors, pour quelqu’un qui voulait supposément éviter de faire des vagues ou de blesser l’autre… C’est un peu raté non ? Encore plus que de la lâcheté, je pense que c’est de l’égoïsme, de l’inconscience et de la violence que de refuser à l’autre son statut d’être humain en ne lui offrant que son silence.

DES HOMMES VS. DES FEMMES. Petite parenthèse pour préciser que je refuse de tomber dans l’accusation facile et trop souvent utilisée qui consiste à dire que ce sont majoritairement « les Hommes » qui font subir cela « aux Femmes ». Force est de constater que des personnes des deux sexes ont déjà vécu telle expérience. À la limite on peut éventuellement parler de comportement « Masculin » vs. « Féminin » si l’on considère que chacun est constitué d’un mélange des deux propre à soi. Je parlerai donc « des Gens » et non pas « des Hommes », comme je l’ai beaucoup trop entendu dire.

DE LA RENCONTRE. De mon point de vue, le fait que deux personnes, au même moment et au même endroit, aient envie d’être ensemble et de tenter de construire une relation est un fait rare et extraordinaire, voire magique. Oui, je suis une éternelle romantique idéaliste et utopiste, et je le revendique pleinement et en toute sérénité. Une rencontre a donc plus de chance de se terminer sur une rupture que l’inverse, et je pense que tout le monde en est conscient et accepte ces règles. Je pense également que la fin d’une histoire, courte ou longue, intense ou « plate » [en québécois dans le texte], fait partie prenante du jeu romantique, et que chacun est capable de survivre à une telle épreuve, plus ou moins rapidement certes, en fonction de sa propre capacité de résilience.

DE LA RUPTURE ET DU PROCESSUS DE DEUIL. Face à l’annonce ou au constat d’une rupture, le deuil relationnel peut provoquer des états comparables à ceux de la mort d’un proche”. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Wikipedia, mais je pense que tout le monde est d’accord avec cela (oui ? non ?). Selon Deits (1999) : “la détresse qui suit la rupture amoureuse ressemble étrangement à celle ressentie lors du processus de deuil. La personne peut traverser plusieurs étapes soit  le choc, puis la dénégation et le retrait, suivi de la reconnaissance et la douleur, et conclure avec l’adaptation et le renouvellement. Bien entendu, plus la relation était significative, plus grand sera le deuil” (extrait de « Comment surmonter une rupture amoureuse« ).  Au passage, si vous voulez en savoir plus sur les étapes du deuil, allez voir le travail d’Elisabeth Kübler-Ross. On nous dit aussi que “dans tous les cas, pour que le processus du deuil devienne actif, la condition est que le changement soit non-désiré”. Or, dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, le silence de l’autre empêché le processus de deuil car il n’offre pas la seule condition nécessaire : en effet, la personne finit par en arriver à la conclusion que rupture il y a, après maintes et maintes et vaines interrogations, et décidé alors que c’est termine. Il ne s’agit pas d’un changement non-désiré, il nous est infligé « par défaut », c’est différent. Je ne sais pas pour vous, mais pour fermer un cercle et passer à autre chose, moi j’ai besoin de dire les choses, notamment en énonçant à l’autre, toujours silencieux, et qui le restera, que l’histoire est terminée. Brèfle de talivernes, en n’offrant pas à l’autre un message clair, on ne lui permet pas de commencer son « deuil » de manière consciente et constructive. Au lieu de cela, on le laisse errer à ses interrogations et ses inquiétudes. Et surtout on le blesse de manière plus profonde et traumatisante que le message en lui-même. L’abandon silencieux de la relation laisse une trace indélébile bien plus traumatique qu’une « simple » ou qu’une « traditionnelle » rupture sentimentale.

DE LA MÉTHODE. Cependant, la manière avec laquelle un individu est « poussé » hors d’une relation peut avoir un impact traumatique plus ou moins grand. Et je tiens à discuter ici aussi de cette question de « méthode de rupture ». Il y a une forte croyance sociale qui met beaucoup de pression sur la majorité des gens concernant les « explications » à donner. Dans le cas d’une relation longue, où des engagements ont été pris, effectivement rompre avec une discussion et quelques explications parait normal, sain et respectueux de l’autre. Mais dans le cas de relations plus légères, débutantes ou moins engageantes, je n’ai personnellement pas besoin de savoir « pourquoi » la personne me quitte. Il me parait normal que la personne réalise au bout de quelques semaines ou quelques mois qu’elle n’a tout simplement pas envie d’aller plus loin, voire que certains aspects de ma personnalité ou de ma manière d’être au quotidien sont insupportables. Cela nous est déjà arrivé à toutes et à tous, n’est-ce pas ? Ce moment où, quoique l’autre fasse ou dise, on a envie de lui mettre des claques et de partir en courant ? Et quand cela vous arrive, êtes-vous capable de vous expliquer à vous-même le pourquoi du comment, au-delà des excuses du genre « il a une voix de fille » ou « elle a un grain de beauté énorme sur la joue » ? Alors comment voulez-vous pouvoir l’expliquer à l’autre ? Mission impossible. L’unique et réelle explication est que, même si l’autre est très gentil, intelligent, sympa, etc. cela ne « fit » pas comme ça devrait, il n’y a pas d’alchimie, pas de ressenti. Point barre. Et l’étape suivante logique est d’en conclure qu’il vaut mieux ne pas continuer, tout du moins pour les personnes normalement constituées qui ne restent pas avec quelqu’un qu’ils n’aiment pas simplement par peur de rester seuls [mais ceci fera l’objet d’un autre billet…].

DU MÉDIA. Je sais que la culture populaire s’offusque de certains médias de rupture, et je crois que cela a pu créer une augmentation de l’anxiété liée au fait de rompre avec quelqu’un. Je vais prendre l’exemple d’un épisode de Sex and The City pour illustrer mon propos. Dans la saison 6 pendant l’épisode 7, Jack Berger rompt avec Carrie en lui laissant sur un Post-It le message suivant : “I’m sorry. I Can’t. Don’t hate me.” [Traduction : “Je suis désolé. Je ne peux pas. Ne me haie pas.”] dont voici la scène, « the Post-It breakup » :

Très en colère, tout l’épisode tourne autour de cette horrible manière d’avoir rompu avec elle. Petit bonus humoristique, comme tout être humain normalement constitué, après une rupture on rameute les copains et les copines et on va s’en coller une et tous les moyens sont bons. C’est ainsi que Carrie se fait choper par la police en train de fumer un pétard, mais je vous laisse voir comment elle échappe à l’incarcération maximales dans cet extrait, « Carrie & Samantha gets high » :

Bien qu’hilarantes, ces scènes transmettent un message perturbant et paralysant pour celui qui souhaite rompre avec quelqu’un : Oh mon dieu ! Berger a Scan-Da-Leu-Se-Ment rompu avec Carrie sur-un-Post-It ! Personnellement je préfère largement que le message soit transmis, et donc reçu. Peu importe la manière de le faire.

DE L’HUMILITÉ. Enfin, je pense sincèrement (et naïvement) que la majorité de l’humanité est profondément gentille et ne cherche pas à blesser autrui. On a tous déjà été dans cette situation où on a « peur de faire du mal » à quelqu’un sauf qu’on ne souhaite plus être avec ladite personne pour autant. Et là j’ai envie de nous rappeler à notre propre humilité : tout le monde s’est déjà remis d’une séparation, avec différents degrés de difficulté selon la durée et l’intensité de la relation en question, certes. Mais cessons donc un peu de nous donner plus d’importance que nous en avons réellement sur et pour l’autre : acceptons qu’ainsi va la vie, aussi bien pour nous, que pour autrui. Encore plus que de la lâcheté, je pense que c’est de l’arrogance que de refuser d’exprimer sa volonté de rupture de manière claire et directe.

En conclusion, cet été j’aurais volontiers reçu un texto disant « restons-en là » (13 caractères) plutôt que de devoir passer par toutes les étapes par lesquelles je suis passée, pour finalement en arriver à devoir moi-même mettre un terme à une relation que je ne souhaitais pas voir se terminer. Je me serais sentie moins bête, moins humiliée, plus respectée, et en bonus j’aurais pu profiter de mes vacances autrement en me faisant plaisir… Et oui : comme on dit un espagnol « un clavo saca otro clavo » [traduction : « un clou en sort un autre »] ! ;)

Quand j’ai posé la question sur Twitter concernant votre point de vue sur la rupture en mode Post-It, vous êtes plusieurs à m’avoir répondue que c’était toujours mieux que le silence… Et vous, qu’en pensez-vous ?

Non mais on croit rêver !

Alors voilà, il y a quelques minutes à peine, j’étais en pleine séance de procrastination intensive et de détente typique d’une fin de journée paisible sur Internet quand je tombe sur un article de Minute Buzz intitulé : « Qui a dit « les réseaux sociaux, c’est une ouverture sur la haine » ? Interpellée par ce titre aguicheur, je me précipite pour savoir rapidement qui a osé toucher à ma sacro-sainte bulle addictive, j’ai nommé les Facebook, Twitter et autres délices 2.0 ?

Dans un premier temps j’apprends donc que c’est Mélanie Laurent qui s’est emportée lors d’une interview accordée à Leberry.fr la veille de son passage sur la scène du Printemps de Bourges. C’est vrai que cela fait maintenant quelques semaines que je vois passer par-ci par-là des commentaires, des critiques et des vannes à son encontre. Ayant passé la majeure partie de ces dix dernières années hors de France, j’ai suivi de loin l’ascension de cette jeune actrice que j’estimais alors plutôt prometteuse, mimi et sympa. Je ne l’ai vue jouer que dans Inglorious Basterds (de mon chouchou adoré : Quentin Tarantino) et dans Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret.

Donc, jusque là, rien d’anormal. D’après les nombreuses blagues de Twittos attrapées au vol, j’ai cru comprendre qu’elle sortait un album, et aux vues des commentaires : le public l’attend de pied ferme, plutôt narquois et dubitatif quant à la potentielle valeur de sa production musicale. Après avoir lu l’article, je visionne donc la vidéo « Coup de gueule de Mélanie Laurent face à la critique« . 2 minutes. En seulement 2 minutes elle a réussit à me faire basculer de la simili-fan désinvolte à la femme insurgée. Je suis outrée, scandalisée, offusquée (e tutti cuanti) d’entendre une star (starlette?) faire preuve d’autant d’ingratitude et de snobisme envers une critique médiatique et populaire qui je le rappelle, est normale, logique, et naturelle dans un contexte « public ». Déjà elle commence fort en déclarant avec étonnement : « on est jugés de tout […] on est filmés tout le temps ». Euuuh… c’est l’hôpital qui se fout de la charité ou quoi, c’est quoi votre métier déjà ?! Mademoiselle Laurent, à partir du moment où vous avez fait un choix de carrière qui vous met sur le devant de la scène, et où vous prétendez offrir à un public une œuvre, une production ou une création, ne pensez-vous pas qu’il est normal de recevoir des critiques, qu’elles soient constructives ou pas, positives ou pas, gentilles ou « haineuses » comme vous avez l’air de le dire ? Ensuite, vous demandez si « on n’a pas d’autres choses plus intéressantes à dire dans les magazines et sur Internet » ? Si si, effectivement, on ferait mieux de traiter des problèmes humanitaires, géopolitiques et environnementaux que connait notre Planète. Mais que voulez-vous, le divertissement, le carnaval et les bouffons nous détendent. Après tout, nous ne sommes que de pauvres humains, banals, vulgaires, presque des sauvages !

Actrice devenue chanteuse ? Ça me rappelle vaguement Claire Kleim, Vanessa Paradis ou encore Scarlett Johansson. À chaque fois qu’une star (homme, femme, même combat: Cantona, Ginola, Elie Semoun, etc.) tente de se reconvertir transversalement d’un Art (ou d’un Sport) à un autre, elle essuie des flots de critiques, souvent acerbes. Pourquoi ce réflexe de la part des médias et du peuple ? Certainement parce que c’est quand même énervant que des gens déjà talentueux (et riches, et célèbres) puissent avoir plusieurs talents en même temps (quelle indécence !) et donc devenir encore plus riches, et plus célèbres… Ce premier élan vient donc directement d’un vice (oh quelle horreur) typiquement humain : la jalousie (admettons-le). J’admets donc qu’on a la critique facile, mais de quel droit souhaitez-vous le beurre, l’argent du beurre, et le fils (variante) de la crémière ? Dans votre monde idéal, vous créez, vous jouez, vous chantez et vos merveilles créatives nous arrivent avec des ailes angéliques et provoquent en nous une myriade de sentiments qu’ils sont beaux, qu’ils sont doux? Welcome chez les bisounours. Est-ce que c’est le trac de la première scène qui vous a fait déconner à plein tubes ou bien vous êtes tout simplement naturellement tellement imbue de vous même que vous souhaiteriez, tel le Roi Soleil, pouvoir censurer toute voix qui n’irait pas dans votre sens ?

Vous dites également que vous ne pouvez pas répondre, « jamais », pourtant, je vous invite cordialement à ouvrir en plus de votre site web officiel (qu’il est beau) un compte Twitter, Facebook, ou peu importe quel types de forum ou d’interface virtuels qui vous permettra de dire haut et fort ce que vous souhaitez répondre aux critiques. Comprenez-moi bien, je peux très bien imaginer à quel point il peut être difficile pour un acteur ou une actrice de lire les critiques. Les acteurs, ces êtres sensibles, à fleur de peau, émotionnels au possible. Je dis ça sans ironie, car je pense que ce sont des traits de caractère nécessaires pour pouvoir faire ce métier et j’admire la capacité que vous avez à jouer et être sur scène aux yeux de tous, car j’en serai bien incapable. Ceci dit, c’est votre passion, votre métier, votre plaisir et il vous fait gagner votre vie plutôt correctement je pense. Peu de personne cumulent toutes ces chances là. Cela ne donne pas pour autant le droit de vous critiquer ou de vous juger sur votre vie personnelle, je ne cautionne pas les magazines people ni la diffamation, mais lorsque l’on parle d’un produit « public » (un film, un album, une photo, etc.) alors j’estime qu’il est du devoir de son créateur de savoir réagir dignement à la critique. C’est pourquoi je m’insurge contre votre réaction dans cette fameuse interview.

Avez-vous déjà rigolé entre amis du lapsus d’un politique (la fellation de Rachida Dati), de la bourde d’un artiste (Lady Gaga qui tombe du haut d’un piano) ou encore du fou rire d’un journaliste en direct à la télévision? Et bien je trouve que c’est pire que la « haine » des réseaux sociaux dont vous parlez, car il s’agit là de choses involontaires. Et pourtant, j’en suis certaine, cela vous a arraché au moins un sourire, si ce n’est un fou rire. Or, nous aussi nous aimons rire, en avons-nous seulement le droit? Quand on est une figure publique, on se doit d’assumer. Comme suggéré par un ami twittos (@basilepetit): « on peut lui dire que si elle avait décidé d’être caissière à monop’ elle serait peut être moins filmée si ça la perturbe autant ». Qu’en pensez-vous ?

Maintenant je sais que ces deux films auront été les premiers ET les derniers que j’aurais vus avec la Miss Laurent à son affiche, car j’ai décidé de boycotter tout futur film où elle apparaitra. Heureusement que la voix virile et rassurante d’Elvis Presley a réussi à atténuer un peu ce coup de sang qui est venu fouetter mon humeur du jour, plutôt badine et taquine jusqu’alors. RRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!

Et vous, ça vous fait quoi ?

C.