Raphael Saadiq gave me a Heart Attack

Mardi matin. Après une nuit (s)exquise, c’est une journée normale qui commence banalement: remplie de ses normalités habituelles et de ses routinières tâches quotidiennes… Brèfle: I’m soooo bored. Multitasking cérébral oblige, j’ai les 11 yeux rivés sur mon Outlook (réactivité professionnelle oblige), les 3 PowerPoint que je suis en train de pondre, Google News, Facebook, Twitter, Google Alert and so on… Et oui, on est hyper-connectée en mode 6.0, ou on ne l’est pas!

Quand soudain apparait une invitation groupée de mon amie H. en Inbox FB: Ô surprise, Ô joie, Ô miracle. Fébrile, je zyeute: kézako? Assister au concert privé de Raphael Saadiq présenté par France Inter à La Maison de la Radio… Premier réflexe ultrasonique : Mince, mais c’est dans l’Ouest ça! Et puis c’est qui lui d’abord? Deuxième réflexe supermanesque : je me tourne vers le meilleur ami de l’inculte musicale qu’apparemment je suis, Deezer… Pas mal, oh yeah: ça swing bien. Troisième réflexe (pavlovien lui): une invitation impromptue? de l’inconnu et du nouveau? un voyage dans Paris? Yatzee, c’est parti pour l’aventure ! Temps de réaction: 2 minutes montre en main pour balancer un faiblichon « I’m in ! Let me know », suivi d’un enthousiaste « Bingo, au top, la place est pour toi! On Mojito avant et on dine après au Zebra? ». HELL YEAH !! Sur ce je vaque à mes z’occupations, avec un air dans la tête (distorsion à ma mode de mon ami Baloo): « il (m’)en faut peu pour être heureuse, vraiment très peu pour être heureuse ».

Histoire de me culturer un peu, j’ai passé ma journée les écouteurs collés aux z’oreilles (jusque là, rien d’anormal) à écouter la discographie de cet artiste qui m’était jusque là inconnu (Raphael Saadiq – Deezer)… Scandaleux diront certains? Oui, peut-être ! Mais bon: j’assume pleinement ;) Je suis aussi allé farfouiller sur Internet, découvrant cet artiste via l’article qui lui est dédié sur Wikipedia, mais également le site de France Inter – Événements et enfin au travers de quelques interviews, en particulier sa rencontre avec Angus Batey, retranscrite dans The Guardian : « One step back, two steps forward« . Je découvre alors un être touchant, attirant, étonnant et… rebondissant! À la limite du Phoenix moderne croisé avec un génie-zébulon; autant pour ses multiples reconversions et (r)évolutions musicales que pour sa capacité à suivre son chemin envers et contre tout, et surtout: sans en jouer. « And through all of that I was makin’ records, but it wasn’t comin’ out in the music. I did it to kinda show people you can have some real tough things happen in your life, but you don’t have to wear it on your sleeve« . L’artiste est également très conscient de de qu’il offre au Monde : « aussi bien l’attirance pour ma musique que la réaction à celle-ci de la part de mon public m’ont apporté tout ce dont j’ai besoin pour continuer à me dépasser et à faire de la musique qui éveille et touche l’âme de nombreuses personnes, C’est Prêt, Je suis Prêt et je sais que le monde est Prêt« .

Il ne restait plus qu’à l’entendre, enfin, en direct et en mode privatif. Autant vous dire que c’est tout mon monde qui a été chamboulé par ce concert… Une scène en rouge et noir, une chanteuse en bottes blanches, puis on voit arriver l’homme noir en noir -des pieds à la tête- accompagné de ses quatre musiciens et de ses deux chanteurs. Les premiers sons décollent… Et là: plongée furieuse dans un univers musical réinventant le old school: Rock, Twist, Rn’B, Soul… D’abord timide, le public se déride rapidement, tapant des mains au rythme dictés par Raphael, se levant pour bouger son corps vibrant sur ces sons enivrants et émouvants.

Rien à voir avec l’écoute en ligne… Tss tss, bien entendu, et c’est bien là toute la magie du concert live, rien ne peut l’égaler. Les morceaux s’enchainent, se mixent, s’arrêtent puis reprennent. On chante, on clape, on danse. Raphael : « you gave me… », le public: « … a heart attack ». En effet oui, là mon cœur bat fort. Véritable crooner des années 60’s ressuscité, il s’approche du premier rang, attrape une jolie demoiselle de ses longues mains (oui… de longues mains, très belles, très fines…) et lui offre une danse langoureuse tout en lui chantant à l’oreille… Que n’aurais-je pas donné pour pouvoir être à sa place… Mmmmh, en attendant je salive en jetant un coup d’œil à ma copine qui a certainement les mêmes pensées que moi au même moment ! Parce que oui, pour ne rien gâcher au pack musical déjà envoutant, il est quand même craquant, le Raphael. Pour un gars de 44 ans, sincèrement, il fait 10 ans de moins. Esthète, tout en finesse et en longueur, le sourire taquin, le regard intelligent, le geste délicat… so looover… On peut faire une interview privée aussi après ?!

J’arrête de baver et j’en reviens à nos moutons: le concert était télétransportateur, je ne sais pas exactement où j’ai voyagé, mais quelques heures après je n’en étais toujours pas revenue. Les musiciens et les chanteurs plantaient également le décor. Le calme bassiste, qui n’a pas sourit une seule fois, tout concentré qu’il était à sa tâche. Le gros pianiste bonhomique à souhait, jonglant entre ses deux claviers et ses sourires. Le batteur, battant. Les deux guitaristes, en noir & blanc, sortis tout droit d’une revue californienne des années 60’s: les Beach Boys rencontrent The Eagles, improbable fusion, délicieux accords. Les chanteurs: un duo mixte, pas très accordés dans leurs mouvements, chacun ayant sa personnalité débordante. Elle: une Mama pas très sure d’elle, mais avec une voix et un charisme égalé seulement par ses bottes vernis blanches qui détonnent dans ce décor résolument Black Soul. Lui: oh so very I’m Raphael’s man, un groove incroyable, une voix impeccable, mais comme une envie furieuse de voler la vedette…

Je ne reviendrai pas sur Raphael… qui une fois qu’il prend sa guitare en main devient tout simplement un Dieu incarné sur scène… Sluuurp ! Quoi qu’il en soit: c’était un sacré événement, et je recommande les yeux fermés d’aller aux prochains concert de Raphael Saadiq et surtout de suivre son actualité. Ce bonhomme est en train de créer de la magie musicale et il sait se réinventer, old school meets fresh style, pour notre plus grand bonheur.

C.

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